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  <title>Chiens pas morts</title>
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  <pubDate>Thu, 08 Oct 2009 06:51:36 GMT</pubDate>
  <title>La limite des marées.</title>
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  <description> &lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot; style=&quot;text-indent: 1.16cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;Ccedil;a fait plus de trois ans que je tourne autour des plages. &amp;Agrave; Rimouski comme au Mexique, j&apos;y suis irr&amp;eacute;m&amp;eacute;diablement attir&amp;eacute;. Pourtant, d&amp;egrave;s que je m&apos;y installe, que je m&apos;assois sur le sable, je m&apos;y sens inconfortable. Le sable se glisse dans mes sandales, dans mon maillot, ou bien il grimpe mes pantalons mouill&amp;eacute;s. Sur la plage, je me sens inutile, un intrus sur la propri&amp;eacute;t&amp;eacute; priv&amp;eacute;e des jeunes filles et des gar&amp;ccedil;ons bronz&amp;eacute;s. Je pr&amp;eacute;f&amp;egrave;re toujours tourner autour, marcher le long des boulevards qui les surplombe, boire sur les terrasses qui les dominent. J&apos;aime, &amp;agrave; l&apos;ombre, regarder courir les chiens dans le sable, regarder les femmes et leurs amants apprendre &amp;agrave; se d&amp;eacute;tester. La plage est une limite o&amp;ugrave; tout le temps de nouveaux humains vont tenter leur chance de l&apos;autre c&amp;ocirc;t&amp;eacute;, ils essaient d&apos;effacer ou de laver leurs vies dans les vagues. C&apos;est un constat d&apos;echec.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot; style=&quot;text-indent: 1.16cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot; style=&quot;text-indent: 1.16cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Ma m&amp;egrave;re m&apos;a emmen&amp;eacute; il n&apos;y a pas si longtemps sur une plage pr&amp;egrave;s de l&apos;ancien s&amp;eacute;minaire de Rimouski qui est bord&amp;eacute;e d&apos;une longue s&amp;eacute;rie de bungalows hors de prix, pour y acc&amp;eacute;der il faut absolument traverser un terrain priv&amp;eacute;, faire hurler un chien qui n&apos;ose pas sortir de sa niche parce qu&apos;il y fait froid dix mois par ann&amp;eacute;e. Nous avons donc march&amp;eacute; dans l&apos;entr&amp;eacute;e de garage d&apos;une immense maison coloniale, long&amp;eacute; un petit sentier qui traversait les herbes et descendu l&apos;abrupte pente de terre et de bois mort jusqu&apos;au sable bord&amp;eacute; d&apos;algues encore juteuses. Ma m&amp;egrave;re prend toujours plaisir &amp;agrave; marcher dans les algues du Bas-Du-Fleuve, elle &amp;eacute;crase avec jouissance les petits bulbes qui giclent l&apos;eau sal&amp;eacute;. Elle est constamment attir&amp;eacute;e par l&apos;odeur de l&apos;eau sal&amp;eacute;e. Je pr&amp;eacute;f&amp;egrave;re encore rester en retrait. Souvent je trouve une branche morte, &amp;eacute;chou&amp;eacute;e sur la plage apr&amp;egrave;s avoir longtemps &amp;eacute;t&amp;eacute; sabl&amp;eacute;e par la berge. Je dessine dans le sable.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot; style=&quot;text-indent: 1.16cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot; style=&quot;text-indent: 1.16cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Elle m&apos;a donc emmen&amp;eacute; sur cette plage pour me montrer ce qu&apos;elle appelle sa maison de r&amp;ecirc;ve. C&apos;est une vieille tour blanche accroch&amp;eacute;e d&amp;eacute;sesp&amp;eacute;r&amp;eacute;ment aux rochers sur le bout de la pointe est, la maison est ronde et entour&amp;eacute;e d&apos;immenses fen&amp;ecirc;tres qui donnent une vue presque compl&amp;egrave;te sur les plages et la mer. Lorsque nous sommes arriv&amp;eacute;s au pied, une vingtaine de go&amp;eacute;lands hurlaient pour enterrer le bruit des vagues s&apos;acharnant sur les rochers, comme pour arracher l&apos;habitation de son ancrage. Une pancarte R&amp;eacute;max pendait, croche, depuis le long balcon qui l&apos;entoure. Ma m&amp;egrave;re me sourit: &amp;laquo;si jamais tu deviens riche, ach&amp;egrave;tes-moi cette maison l&amp;agrave;.&amp;raquo; Elle pensait au caf&amp;eacute; &amp;agrave; six heures du matin, lorsque le fleuve est encore lisse. J&apos;imaginais plut&amp;ocirc;t un verre de Saint-R&amp;eacute;mi durant une temp&amp;ecirc;te en soir&amp;eacute;e.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot; style=&quot;text-indent: 1.16cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot; style=&quot;text-indent: 1.16cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;J&apos;appris plus tard que la tour &amp;eacute;tait une ancienne propri&amp;eacute;t&amp;eacute; du s&amp;eacute;minaire de Rimouski, o&amp;ugrave; les pr&amp;ecirc;tres prennaient parfois une retraite tranquile pour r&amp;eacute;fl&amp;eacute;chir &amp;agrave; Dieu. Mon grand-p&amp;egrave;re y a fait son &amp;eacute;ducation, &amp;ccedil;a ne l&apos;a pas rendu bon chr&amp;eacute;tien, bien au contraire, il est devenu communiste. Ma m&amp;egrave;re aussi, et elle allait &amp;agrave; l&apos;&amp;eacute;cole &amp;agrave; Saint-Mathieu, puis &amp;agrave; Laval. C&apos;est pour dire. Je crois que la tour est toujours &amp;agrave; vendre, quatre-cent mille dollars.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot; style=&quot;border-style: none none solid; border-color: -moz-use-text-color -moz-use-text-color rgb(0, 0, 0); border-width: medium medium 1px; padding: 0cm 0cm 0.07cm; text-indent: 1.16cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot; style=&quot;text-indent: 1.16cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot; style=&quot;text-indent: 1.16cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot; style=&quot;text-indent: 1.16cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Un plus plus tard, je suis all&amp;eacute; &amp;agrave; Boston avec un ami. Au d&amp;eacute;part, le plan &amp;eacute;tait simplement de sortir de la ville. &amp;Ccedil;a avait commenc&amp;eacute; par une conversation imbib&amp;eacute;e dans un bar sur Saint-Denis o&amp;ugrave; le staff insistait pour laisser la porte ouverte en plein hiver. Nous gelions sur place et je suis certain que des petits gla&amp;ccedil;ons se formaient dans ma bi&amp;egrave;re. C&apos;&amp;eacute;tait une de nos premi&amp;egrave;res vraies conversations, o&amp;ugrave; nous sommes sortis de l&apos;anecdotique pour parler de peurs, d&apos;amour, de haines et de sexe. Vers la fin, nous &amp;eacute;tions tous les deux &amp;agrave; peine coh&amp;eacute;rents, mais je me souviens avoir remarqu&amp;eacute;, dans un &amp;eacute;lan de fureur contre la neige qui attaquait mes pantalons depuis la porte, &amp;agrave; quel point il serait facile de simplement crisser mon camp par un bel apr&amp;egrave;s-midi. Simplement sortir d&apos;un de mes cours, longer Sainte-Catherine, monter le long des panneaux tombants de la Grande Biblioth&amp;egrave;que et me faufiler au terminal central d&apos;autobus. De l&amp;agrave;, en moins de trente minutes je pourrais probablement me trouver dans un inconfortable bus Greyhound vers New-York, Boston ou Chicago. Comme &amp;ccedil;a, nouvelle vie.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot; style=&quot;text-indent: 1.16cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot; style=&quot;text-indent: 1.16cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Il m&apos;a regard&amp;eacute;, puis dit &amp;laquo;ok go!&amp;raquo; C&apos;&amp;eacute;tait d&amp;eacute;cid&amp;eacute;, nous partirions plus tard pour ailleurs. Nous nous sommes entendus sur Boston puisque j&apos;&amp;eacute;tais d&amp;eacute;j&amp;agrave; all&amp;eacute; plusieurs fois &amp;agrave; New-York. Il fallut bien s&amp;ucirc;r beaucoup plus de temps que pr&amp;eacute;vu avant d&apos;embarquer finalement dans l&apos;autobus, mais nous somme n&amp;eacute;anmoins partis en fin mai. L&amp;agrave; bas, nous avions peu de plans et quatre jours dans une grande ville bourgeoise. Ce fut un voyage &amp;eacute;trange, nous n&apos;avions pas la m&amp;ecirc;me philosophie. Lui pr&amp;eacute;f&amp;eacute;rait les lieux historiques, moi les quartiers. Nous avons fait quelques bars, march&amp;eacute;s la route historique, &amp;eacute;t&amp;eacute; fouiner dans une salle de concert &amp;eacute;tudiante tr&amp;egrave;s hip et mang&amp;eacute;s de la chaudr&amp;eacute;e de palourdes pr&amp;eacute;sidentielle.  Je me suis m&amp;ecirc;me achet&amp;eacute; une guitare cheap qui sonne d&amp;eacute;licieusement cacanne que je trimbalai toute la derni&amp;egrave;re journ&amp;eacute;e dans un sac de poubelle. Tout en m&amp;eacute;tro.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot; style=&quot;text-indent: 1.16cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot; style=&quot;text-indent: 1.16cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Le m&amp;eacute;tro de Boston est probablement une des choses les plus laides, bruyantes et incommodes que j&apos;ai eu le plaisir de voir dans ma vie. Une r&amp;eacute;elle antiquit&amp;eacute;, les wagons crient de souffrance &amp;agrave; tous les virages, ce qui veut dire presque continuellement, et ils se d&amp;eacute;placent si lentement qu&apos;on pourrait ais&amp;eacute;ment jogger &amp;agrave; c&amp;ocirc;t&amp;eacute; sans se faire distancier. Le syst&amp;egrave;me de m&amp;eacute;tro n&apos;est pas le plus vaste qu&apos;il m&apos;ait &amp;eacute;t&amp;eacute; donn&amp;eacute; d&apos;essayer, mais certainement le plus complexe, le plus ramifi&amp;eacute;, et cela parfaitement inutilement.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot; style=&quot;text-indent: 1.16cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot; style=&quot;text-indent: 1.16cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;N&amp;eacute;anmoins, au bout de la ligne bleue qui monte vers les banlieues nord de Boston, se trouve une station nomm&amp;eacute;e Wonderland. Inspir&amp;eacute;s, nous nous dirige&amp;acirc;mes donc un apr&amp;egrave;s-midi vers la contr&amp;eacute;e de Peter Pan et du Capitaine Crochet. Le m&amp;eacute;tro, apr&amp;egrave;s s&apos;&amp;ecirc;tre p&amp;eacute;niblement extirp&amp;eacute; du centre-ville, sortit de terre et nous offrit quelques minutes plus tard une vue sur la c&amp;ocirc;te de l&apos;Atlantique, longeant une interminable s&amp;eacute;rie de bungalows coup&amp;eacute;s de temps &amp;agrave; autres par d&apos;affreux immeubles brun&amp;acirc;tres &amp;agrave; cinq ou six &amp;eacute;tages. Puis, la mer, la vrai. Une immense plage qui s&apos;&amp;eacute;tend sur des kilom&amp;egrave;tres, une longue ligne droite de sable fin et br&amp;ucirc;lant qui donne sur l&apos;oc&amp;eacute;an pourtant toujours glacial. Le tout long&amp;eacute; d&apos;un large boulevard &amp;agrave; premi&amp;egrave;re vue pullulant de restaurants et de bars, donnant presque l&apos;impression de se trouver &amp;agrave; Los Angeles.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot; style=&quot;text-indent: 1.16cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot; style=&quot;text-indent: 1.16cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Revere Beach, comme elle s&apos;appelle, est en fait une plage d&amp;eacute;chue, ancien lieu de vill&amp;eacute;giature des ann&amp;eacute;es cinquante o&amp;ugrave; la jeunesse bostonnienne venait passer ses apr&amp;egrave;s-midi dans le parc d&apos;attraction maintenant d&amp;eacute;moli, mangeant de la cr&amp;egrave;me glac&amp;eacute;e en se tenant la main dans la main. Aujourd&apos;hui, m&amp;ecirc;me si la plage est toujours relativement fr&amp;eacute;quent&amp;eacute;e, elle n&apos;offre un attrait que r&amp;eacute;gional, attirant peu de gens hors des habitu&amp;eacute;s vivant aux alentours. Les commerces longeant le boulevard sont rares et vieillissent mal, leurs menus d&amp;eacute;lav&amp;eacute;s. Nous cherchons en vain de la cr&amp;egrave;me molle, d&apos;un bout &amp;agrave; l&apos;autre de la plage, qu&apos;un vieux d&amp;eacute;panneur tenant des produits Breyers, Revelo...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot; style=&quot;text-indent: 1.16cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot; style=&quot;text-indent: 1.16cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Dans les cabines publiques traine une odeur de merde &amp;eacute;touffante, et les enfants crient &amp;agrave; tue-t&amp;ecirc;te. On se croirait &amp;agrave; Montr&amp;eacute;al.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot; style=&quot;border-style: none none solid; border-color: -moz-use-text-color -moz-use-text-color rgb(0, 0, 0); border-width: medium medium 1px; padding: 0cm 0cm 0.07cm; text-indent: 1.16cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot; style=&quot;text-indent: 1.16cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot; style=&quot;text-indent: 1.16cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot; style=&quot;text-indent: 1.16cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Un viel ami, pas le m&amp;ecirc;me, est all&amp;eacute;, comme bien d&apos;autres, se perdre au P&amp;eacute;rou quelques mois il y a trois ans. Ce fut, apparament, une merveilleuse exp&amp;eacute;rience de vie qui lui fit d&amp;eacute;couvrir les joies du pisco, des cigarettes partag&amp;eacute;es et du sexe sous la chaleur toride de l&apos;apr&amp;egrave;s-midi. Je suis all&amp;eacute; deux semaines au Mexique avec lui, un an apr&amp;egrave;s. Mexico, Oaxaca, Puerto Escondido. Il m&apos;a regard&amp;eacute;, sur la plage des surfers, quand est pass&amp;eacute;e une touriste danoise aux seins exquis, et m&apos;a dit &amp;laquo;c&apos;est pas le P&amp;eacute;rou, mais on fait avec&amp;raquo;.&lt;/p&gt;</description>
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  <lj:mood>Procrastinateur</lj:mood>
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  <pubDate>Sat, 11 Jul 2009 03:00:23 GMT</pubDate>
  <title>OH OH OH!</title>
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  <description>&amp;nbsp;&lt;a name=&quot;OLE_LINK2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-bookmark:OLE_LINK1&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;S1&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;a name=&quot;OLE_LINK1&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-bookmark:OLE_LINK2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-bookmark:OLE_LINK1&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-bookmark:OLE_LINK2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-bookmark:OLE_LINK1&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;[Hercules &amp;amp; Love Affair &amp;ndash; Hercules&amp;rsquo; Theme]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;i&gt;MC et DAVE, dans un parc kitsch, assis sur un banc de fer forg&amp;eacute; blanc portant fi&amp;egrave;rement ses motifs de fleurs. Golden lights, elle a un chandail de squelette et lui une chemise faggy mauve, les deux fument mal. Lui tient sa cigarette comme un italien, mais sans le style, sans coordination. Elle la tient au bout de ses doigts pour faire f&amp;eacute;minine, elle a l&amp;rsquo;air anxieuse.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;DAVE&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Tu sais, christ, que c&amp;rsquo;est pas compliqu&amp;eacute; de tuer une araign&amp;eacute;e. &amp;Ccedil;a bouge m&amp;ecirc;me pas comme une mouche. La mouche va, genre, faire buzzer partout pis zzzz (il secoue ses mains pr&amp;egrave;s de ses oreilles) faut que t&amp;rsquo;attendre qu&amp;rsquo;elle se fatigue vraiment, puis l&amp;agrave; tu la vises ben&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;MC&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Je le sais! &amp;Eacute;coeure-moi pas, p h o e b i e que &amp;ccedil;a se dit, une phobie, le principe, c&amp;rsquo;est que &amp;ccedil;a ne se contr&amp;ocirc;le pas.&lt;br type=&quot;_moz&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;DAVE&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Je veux bien, mais c&amp;rsquo;&amp;eacute;tait pas n&amp;eacute;cessaire de crier comme une hyst&amp;eacute;rique, tu m&amp;rsquo;as fait scrapper ma game pendant que j&amp;rsquo;&amp;eacute;tais rendu &amp;agrave; Sigma!&lt;br type=&quot;_moz&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;MC&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Boohoo!&lt;br type=&quot;_moz&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;DAVE&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;(Simultan&amp;eacute;ment) Ben oui t&amp;rsquo;en as rien &amp;agrave; crisser, mais moi &amp;ccedil;a compte. Pour moi l&amp;rsquo;avenir de M&amp;eacute;ga Man, c&amp;rsquo;est aussi important que les sautes d&amp;rsquo;humeur du premier ministre, tu comprend? C&amp;rsquo;est &amp;ccedil;a ma vie aussi, pis je sais que ton ostie d&amp;rsquo;araign&amp;eacute;e c&amp;rsquo;&amp;eacute;tait un pr&amp;eacute;texte, essaie pas de me faire chier.&lt;br type=&quot;_moz&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;MC&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;(Par-dessus) Dave a raison, tu as toujours raison, c&amp;rsquo;est s&amp;ucirc;r que c&amp;rsquo;est promordial que toi t&amp;rsquo;aie fini ton jeu cinq minutes avant qu&amp;rsquo;on parte.&lt;br type=&quot;_moz&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;i&gt;Arrivent PAT et GUILLAUME, le premier vient vers eux et le second reste en retrait&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;.&lt;br type=&quot;_moz&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;DAVE&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;D&amp;rsquo;abord, phobie &amp;ccedil;a s&amp;rsquo;&amp;eacute;crit f o e b i e, pis c&amp;rsquo;est primordial, pas promordial.&lt;br type=&quot;_moz&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;MC&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;(Le coupe) Ben oui, christ change le sujet, je suis pas bonne, je suis conne, j&amp;rsquo;ai peur des &amp;lsquo;tites araign&amp;eacute;es, je le sais.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;          &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;PAT&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;P h o e b i e, il me semble. Anyway, vous finirez votre chicane de couple avec du bon make-up sex &amp;agrave; soir, en attendant venez vous en donc avec nous autres, vous avez juste &amp;agrave; plus vous parler jusque-l&amp;agrave;.&lt;br type=&quot;_moz&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;MC et DAVE&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Quoi?&lt;br type=&quot;_moz&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;MC&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;(Embarass&amp;eacute;e) Okay, okay, on arrive.&lt;br type=&quot;_moz&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;DAVE&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Ouais, non, je suis certain qu&amp;rsquo;il y a un f.&lt;br type=&quot;_moz&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;MC&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;(Se retourne, exasp&amp;eacute;r&amp;eacute;e, vers PAT) Toi, t&amp;rsquo;est pas c&amp;eacute;libataire&amp;nbsp;? Je me cherche un chum de remplacement.&lt;br type=&quot;_moz&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;PAT&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;(Riant) Dans tes r&amp;ecirc;ves.&lt;br type=&quot;_moz&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;MC&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;(Chuchote &amp;agrave; son oreille) Des fois.&lt;br type=&quot;_moz&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;GUILLAUME&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Come on people, DAVE, emm&amp;egrave;ne ton gros cul.&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;[The Dears &amp;ndash; Lights Off]&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;i&gt;On les voit rejoindre les autres, ils sont peut-&amp;ecirc;tre six ou sept, deux jouent au aki, d&amp;rsquo;autres fument dans l&amp;rsquo;herbe, certains boivent du vin de d&amp;eacute;panneur. La sc&amp;egrave;ne dure une vingtaine de secondes.&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;      &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;S2&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;i&gt;DAVE et MC sont &amp;eacute;tendus dans une chambre encombr&amp;eacute;e par des consoles de jeux et des DVDs, elle sur le lit, et lui sur une chaise d&amp;rsquo;ordinateur. Il joue &amp;agrave; Battle Axe sur une vieille Super Nintendo, torse nu. Elle le regarde en massant doucement les c&amp;ocirc;tes de squelette que trace son chandail. Elle est tout habill&amp;eacute;e.&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;MC&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;C&amp;rsquo;est tout?&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;DAVE&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Quoi?&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;MC&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;(Murmure) C&amp;rsquo;est tout.&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;DAVE&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Quoi? Qu&amp;rsquo;est-ce qui est tout? (face &amp;agrave; l&amp;rsquo;&amp;eacute;cran) Ah fuck! Je suis mort l&amp;agrave;!&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;MC&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Grosse date.&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;i&gt;Silence, on entend les bruits que produit la console. &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;[The Church &amp;ndash; Under the Milky Way]&lt;i&gt; MC se l&amp;egrave;ve, cherche laborieusement le plancher, trouve une bouteille de vin et en prend une longue gorg&amp;eacute;e. Elle se rassoit. Elle &amp;eacute;carte les jambes et donne plusieurs petites tapes sur son pubis en imitant des sons de p&amp;eacute;n&amp;eacute;tration. DAVE l&amp;rsquo;ignore. Il change la cassette pour Street Fighter 2. Suit un autre silence coup&amp;eacute; par le son de la t&amp;eacute;l&amp;eacute;. &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;[musique coupe]&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;MC&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Je suis plus capable.&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;CASSETTE&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Hadoken!&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;MC&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Je crisse mon camp.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;CASSETTE&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Hadoken!&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;MC&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;J&amp;rsquo;ai d&amp;eacute;j&amp;agrave; couch&amp;eacute; avec Pat.&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;CASSETTE&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Perfect!&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;[musique reprend, le refrain]&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;i&gt;Elle se l&amp;egrave;ve, prend son sac, allume une clope et s&amp;rsquo;en va. Une fois la porte ferm&amp;eacute;e, DAVE &amp;eacute;teint la console de jeux et s&amp;rsquo;&amp;eacute;crase de dos sur son lit. Il rebondit, puis part &amp;agrave; rire.&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;DAVE&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Yeah right, pis moi avec Annah Montana.&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;S3&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;      &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;i&gt;Dans son appartement, MC ouvre la porte en tremblant. Elle d&amp;eacute;pose sa sacoche et un sac Couche Tard sur la table de la cuisine, elle en sort un nouveau paquet de cigarettes qu&amp;rsquo;elle &amp;eacute;change avec celui de sa sacoche. Elle en sort son cellulaire violet qu&amp;rsquo;elle ouvre d&amp;rsquo;un coup de pouce. Elle se dirige vers sa chambre en tentant de d&amp;eacute;faire sa ceinture &amp;agrave; une seule main. Finalement, chandail squelettique et petite culotte verte fluo, elle s&amp;rsquo;assoit sur son lit en tassant une &amp;eacute;norme pile de v&amp;ecirc;tements. Elle h&amp;eacute;site un certain temps, se massant la cuisse. Elle appelle finalement quelqu&amp;rsquo;un. Elle attend. On ne voit plus que son visage et sa gorge de profils. Elle sourit.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;[musique coupe]&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;      &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;MC&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Pat&amp;nbsp;! C&amp;rsquo;est M-C&amp;nbsp;!&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;(Elle prend une position semi couch&amp;eacute;e)&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;MC&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;En fait, ouais, non, &amp;ccedil;a va pas trop.&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;(Moue d&amp;rsquo;effort)&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;MC&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Je viens de casser, ouais, avec Dave, &amp;ccedil;a allait plus du tout. (Elle commence visiblement &amp;agrave; se masturber) Tu nous as vus cet apr&amp;egrave;s-midi, on n&amp;rsquo;est plus capable d&amp;rsquo;avoir du fun. Il fait juste se planter devant sa christ de t&amp;eacute;l&amp;eacute;.&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;(Spasme)&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;MC&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;J&amp;rsquo;ai juste besoin de te parler.&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;i&gt;Appartement de PAT, il semble perplexe, le t&amp;eacute;l&amp;eacute;phone pris entre l&amp;rsquo;&amp;eacute;paule et la joue, est devant l&amp;rsquo;ordinateur et joue &amp;agrave; World of Warcraft en l&amp;rsquo;&amp;eacute;coutant d&amp;rsquo;une oreille puisque l&amp;rsquo;autre est prise par son casque de jeu.&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;PAT&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;&amp;Eacute;coute, c&amp;rsquo;est beau, je suis ton ami aussi, Dave ou pas je tien quand m&amp;ecirc;me &amp;agrave; toi, tu le sais. Tu veux-tu m&amp;rsquo;expliquer&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;(Des orques meurent par centaines)&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;PAT&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Uh huh.&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;(Explosions)&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;PAT&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Iiiiiish!&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;(Hurlements)&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;PAT&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Quoi? Oh, juste des boxers.&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;i&gt;On entend par l&amp;rsquo;&amp;eacute;couteur un jeune adolescent crier LEEEROY JEEEENKIIINS! &amp;agrave; tue-t&amp;ecirc;te.&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;PAT&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Osti d&amp;rsquo;&amp;eacute;pais.&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;(Mort)&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;PAT&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Quoi, que je t&amp;rsquo;insulte? (il ferme le son de l&amp;rsquo;ordinateur) Christ MC qu&amp;rsquo;est-ce que tu fais, l&amp;agrave;? Huh? Okay, fine, je t&amp;rsquo;&amp;eacute;coute (il remonte le son).&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;(Des orques meurent par milliers)&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;PAT&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;De rien, &amp;eacute;coute, je vais faire tout ce que je peux pour t&amp;rsquo;aider, je te le r&amp;eacute;p&amp;egrave;te, tu es mon amie pis il y a rien qui peut changer &amp;ccedil;a. &amp;Ccedil;a va&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;i&gt;Retour &amp;agrave; la chambre de MC, qui est couch&amp;eacute;e sur le c&amp;ocirc;t&amp;eacute;, les jambes repli&amp;eacute;es sur son bras droit, le gauche tenant le cellulaire sur son oreiller. Elle semble plus &amp;eacute;puis&amp;eacute;e qu&amp;rsquo;attrist&amp;eacute;e. Dernier spasme. Elle sourit.&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;MC&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Okay merci, j&amp;rsquo;avais besoin de parler &amp;agrave; quelqu&amp;rsquo;un, je suis contente que tu sois l&amp;agrave;, j&amp;rsquo;&amp;eacute;tais super angoiss&amp;eacute;e.&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;(elle se rassoit)&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;MC&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Bye, je t&amp;rsquo;embrasse.&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;[m83 &amp;ndash; Kim &amp;amp; Jessie]&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;i&gt;Elle se rel&amp;egrave;ve, marche jusqu&amp;rsquo;&amp;agrave; la cuisine o&amp;ugrave; elle fouille dans le frigidaire, elle en sort un sac de baby carottes et un pot de trempette, puis marche, toujours en t-shirt et petites culottes, jusqu&amp;rsquo;au salon o&amp;ugrave; elle ouvre la t&amp;eacute;l&amp;eacute;vision. On la regarde manger des carottes et de la trempette durant le g&amp;eacute;n&amp;eacute;rique.&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;[musique coupe]&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;i&gt;DAVE, au t&amp;eacute;l&amp;eacute;phone, dans sa chambre, sur son lit.&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;DAVE&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align:justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;(Fade out vers la surexposition) Ouais&amp;nbsp;! Je le sais! Christ que &amp;ccedil;a lui a pris du temps, j&amp;rsquo;&amp;eacute;tais juste plus capable, &amp;agrave; la fin je me suis dis, shit, je ne r&amp;eacute;pondrai que par la bouche de mes hadokens! Je me disais, quelques jours &amp;agrave; &amp;ecirc;tre b&amp;ecirc;te de m&amp;ecirc;me, elle va bien finir par comprendre le message, ben non, le gros, &amp;ccedil;a lui a prit trois osties de semaines! Ha&amp;nbsp;! Man, j&amp;rsquo;en reviens toujours pas. Pis pendant ce temps-l&amp;agrave; avec Anne-Marie, ouais ouais, sept fois, je te niaise pas. Elle s&amp;rsquo;en est m&amp;ecirc;me pas rendu compte, j&amp;rsquo;avais laiss&amp;eacute; tra&amp;icirc;ner son J expr&amp;egrave;s!&amp;nbsp;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  </description>
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  <lj:music>Dinosaur Jr. - Over It</lj:music>
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  <pubDate>Thu, 11 Jun 2009 20:34:30 GMT</pubDate>
  <title>Trois réécritures.</title>
  <link>http://chienspasmorts.livejournal.com/13302.html</link>
  <description>DU FROMAGE ET DES MOUCHES&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;laquo; &lt;em&gt;Cheese&lt;/em&gt;! &amp;raquo;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Karine s&amp;rsquo;est retourn&amp;eacute;e juste &amp;agrave; temps pour me voir taper du doigt comme si je tenais un appareil photo. Elle n&amp;rsquo;a rien compris. Elle a souri pareil, parce que Gabriel (le gars) &amp;eacute;tait cramp&amp;eacute; aux larmes sur la table et qu&amp;rsquo;elle l&amp;rsquo;aimait plus ou moins en secret. Bien entendu, ce n&amp;rsquo;&amp;eacute;tait pas r&amp;eacute;ciproque. D&amp;rsquo;abord, elle &amp;eacute;tait laide. Elle avait les yeux croches, le corps d&amp;eacute;sax&amp;eacute; par des seins immenses et une trentaine de livres de trop. Surtout, elle &amp;eacute;tait conne. Gab &amp;eacute;tait beau et intelligent, un grand gars comme il n&amp;rsquo;y en a qu&amp;rsquo;en r&amp;eacute;gion, les cheveux noirs, boucl&amp;eacute;s, un d&amp;eacute;but de barbe, les yeux verts, il tripait sur Hendrix. J&amp;rsquo;en &amp;eacute;tais m&amp;ecirc;me un peu jaloux. Eh.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le fromage, c&amp;rsquo;est que deux ou trois jours plus t&amp;ocirc;t Gabrielle (la fille) &amp;eacute;tait sortie en riant de leur dortoir, elle avait trouv&amp;eacute; une petite culotte de Karine fig&amp;eacute;e dans la cro&amp;ucirc;te. Cheese, donc. Tout le staff du camp Saint-Donat le savait dor&amp;eacute;navant, sauf peut-&amp;ecirc;tre &amp;Eacute;tienne parce qu&amp;rsquo;il &amp;eacute;tait trop chiant, et Alexandre parce qu&amp;rsquo;il &amp;eacute;tait d&amp;eacute;bile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n&amp;rsquo;est pas pour &amp;ecirc;tre m&amp;eacute;chant que je dis &amp;ccedil;a. Tout le monde adorait Alex, seulement il souffrait d&amp;rsquo;une d&amp;eacute;ficience mentale l&amp;eacute;g&amp;egrave;re. Lui non plus n&amp;rsquo;&amp;eacute;tait pas beau, mais il avait une excuse au moins. Il &amp;eacute;tait sympathique et en plus Paulette ne le soup&amp;ccedil;onnait pas de nous sortir des chips de la r&amp;eacute;serve, &amp;agrave; cause de sa condition. On l&amp;rsquo;envoyait presque chaque soir maintenant nous voler tout plein de stock, et chaque fois elle r&amp;eacute;p&amp;eacute;tait le m&amp;ecirc;me discours le lendemain, apr&amp;egrave;s le break de trois heures, apr&amp;egrave;s avoir t&amp;eacute;t&amp;eacute; sa flasque de Canadian Club : &amp;laquo; Christ, faites donc comme Alex, il est pas vite vite, mais au moins y travaille lui. &amp;raquo; Brillante Paulette, puisses-tu vomir ta bile d&amp;rsquo;alcoolo six pieds sous terre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, Alex &amp;eacute;tait &amp;agrave; ce moment-l&amp;agrave; tout nouveau, il &amp;eacute;tait arriv&amp;eacute; avec le deuxi&amp;egrave;me troupeau, apr&amp;egrave;s qu&amp;rsquo;ils aient d&amp;ucirc; foutre la moiti&amp;eacute; du premier &amp;agrave; la porte. Il &amp;eacute;tait arriv&amp;eacute; pour le deuxi&amp;egrave;me tiers de l&amp;rsquo;&amp;eacute;t&amp;eacute; avec son petit fr&amp;egrave;re Antoine (seize et quatorze ans respectivement) qui &amp;eacute;tait le meilleur gars au monde. Les deux se ressemblaient, ils abordaient le m&amp;ecirc;me teint basan&amp;eacute;, le m&amp;ecirc;me air nerveux, mais tous les os d&amp;rsquo;Alex semblaient l&amp;eacute;g&amp;egrave;rement croches. Quelques jours plus t&amp;ocirc;t, Dave, Gab et moi avions d&amp;ucirc; faire des tonnes de suppl&amp;eacute;mentaires pour rouler la caf&amp;eacute;t&amp;eacute;ria avant la deuxi&amp;egrave;me vague.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n&amp;rsquo;&amp;eacute;tait pas une grande job, m&amp;ecirc;me l&amp;rsquo;entrevue avait &amp;eacute;t&amp;eacute; glauque. Au moins depuis le temps on s&amp;rsquo;&amp;eacute;tait form&amp;eacute; un groupe plus sympathique. Ce soir-l&amp;agrave;, on &amp;eacute;tait r&amp;eacute;unis pour pratiquer notre show du no&amp;euml;l des campeurs : le plan &amp;eacute;tait simple, on avait dit qu&amp;rsquo;on allait faire une toune de Beau Domage, mais en entrant on chanterait soit You&amp;rsquo;re Pretty When I&amp;rsquo;m Drunk, soit Fuck Her Gently. Ce n&amp;rsquo;&amp;eacute;tait pas s&amp;ucirc;r. D&apos;ailleurs, on pratiquait Pretty chaque m&amp;acirc;tin, quand on ouvrait &amp;agrave; six heures. Si les campeurs nous faisaient chier avec leur &amp;laquo; boum atchikaboum &amp;raquo;, nous, on avait un ghetto et Bloodhound Gang. On &amp;eacute;tait aussi pretty fucking drunk pas mal tous les soirs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N&amp;rsquo;emp&amp;ecirc;che, ce n&amp;rsquo;&amp;eacute;tait pas vraiment joyeux &amp;agrave; ce moment-l&amp;agrave;. Gab semblait prendre de plus en plus plaisir &amp;agrave; se br&amp;ucirc;ler la main avec ses cigarettes et ses joints. C&amp;rsquo;en &amp;eacute;tait triste, d&amp;egrave;s qu&amp;rsquo;il allumait une clope, il se mettait automatiquement &amp;agrave; la faire tournoyer entre ses doigts. Le bout orange tra&amp;ccedil;ait des figures de plus en plus compliqu&amp;eacute;es dans l&amp;rsquo;air, puis, rendu au botch, lui br&amp;ucirc;lait les doigts. Il l&amp;acirc;chait un petit sacre &amp;agrave; mi-voix, puis recommen&amp;ccedil;ait avec une nouvelle. Il y avait quelque chose de maso l&amp;agrave; dedans. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, Gab &amp;eacute;tait retourn&amp;eacute; &amp;agrave; Trois-Rivi&amp;egrave;res pendant une semaine et sa blonde lui avait dit qu&amp;rsquo;elle s&amp;rsquo;ennuyait trop de lui, que c&amp;rsquo;&amp;eacute;tait pour &amp;ccedil;a qu&amp;rsquo;elle avait commenc&amp;eacute; &amp;agrave; se piquer. Ce n&amp;rsquo;&amp;eacute;tait pas nouveau, il m&amp;rsquo;avait souvent dit qu&amp;rsquo;il prenait des drogues plus dures de temps en temps, mais c&amp;rsquo;&amp;eacute;tait la fr&amp;eacute;quence qui lui faisait peur. Para&amp;icirc;t qu&amp;rsquo;elle avait l&amp;rsquo;air d&amp;rsquo;un Rwandais bleach&amp;eacute;. J&amp;rsquo;ai vu les photos. Le pire c&amp;rsquo;est que lui la trompait sans trop y croire depuis quelques mois, mais l&amp;agrave;, &amp;ccedil;a avait vraiment &amp;eacute;t&amp;eacute; une claque. Depuis, son foutu gilet allemand &amp;eacute;tait de plus en plus trou&amp;eacute;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dave le regardait aller sans faire quoi que ce soit non plus. Un petit gars clownesque avec plus de studs qu&amp;rsquo;un mur de stucco, il r&amp;ecirc;vait d&amp;rsquo;&amp;ecirc;tre peintre de Harley-Davidsons. Il venait de casser avec M&amp;eacute;lissa la semaine d&amp;rsquo;avant et il passait ses apr&amp;egrave;s-midi sur la balancine &amp;agrave; gosser du Slipknot sur sa guitare. C&amp;rsquo;&amp;eacute;tait rendu bizarre parce que Mel s&amp;rsquo;&amp;eacute;tait en m&amp;ecirc;me temps mise &amp;agrave; me coller. Je savais que &amp;ccedil;a le faisait chier, mais c&amp;rsquo;&amp;eacute;tait aussi mon amie, et puis une pipe c&amp;rsquo;est une pipe. Fine fine fine. En plus, elle &amp;eacute;tait belle, un visage encore un peu joufflu d&amp;rsquo;enfant, la salive sal&amp;eacute;e et un cul de la mort. J&amp;rsquo;&amp;eacute;tais clairement son rebond, mais rendu l&amp;agrave;&amp;hellip;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, l&amp;rsquo;ambiance &amp;eacute;tait glauque et on cherchait tous &amp;agrave; se d&amp;eacute;fouler, Karine &amp;eacute;tait une cible facile. &amp;laquo; You&amp;rsquo;re not a whoman, you&amp;rsquo;re an experiment ! &amp;raquo; Je savais que ce n&amp;rsquo;&amp;eacute;tait pas correct, mais elle me faisait chier moi aussi en essayant d&amp;rsquo;&amp;ecirc;tre amie avec tout le staff &amp;agrave; tout prix. Le soleil &amp;eacute;tait rendu derri&amp;egrave;re les dortoirs et il faisait froid. J&amp;rsquo;essayai de me d&amp;eacute;crocher de la banquette pour aller chercher mon gilet, c&amp;rsquo;est la main de Mel qui m&amp;rsquo;a retenu. En dessous de la table, pour que Dave ne le voie pas. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;laquo; C&amp;rsquo;est quand m&amp;ecirc;me salement d&amp;eacute;gueulasse, &amp;raquo; l&amp;acirc;cha Gab.&lt;br /&gt;&amp;laquo; &lt;em&gt;It&amp;rsquo;s a highway to heaven&lt;/em&gt;, &amp;raquo; chantonna Dave.&lt;br /&gt;&amp;laquo; Christ je l&amp;rsquo;ai vue en tank top puis je suis s&amp;ucirc;r que son poil monte jusqu&amp;rsquo;entre ses 	seins. &amp;raquo;&lt;br /&gt;&amp;laquo; Shit, &amp;raquo; soupira Dave avec une grimace de d&amp;eacute;go&amp;ucirc;t, &amp;laquo; en parlant, genre, de poils, 	tu as vu le bras d&amp;rsquo;Alex? &amp;raquo;&lt;br /&gt;&amp;laquo; Osti oui. &amp;raquo;&lt;br /&gt;&amp;laquo; On dirait un rat mort. &amp;raquo;&lt;br /&gt;&amp;laquo; Je suis s&amp;ucirc;r que c&amp;rsquo;est un genre d&amp;rsquo;alien, &amp;raquo; sp&amp;eacute;culais-je en riant, &amp;laquo; un parasite qui va prendre le contr&amp;ocirc;le de son corps ou quelque chose. &amp;raquo; &lt;br /&gt;&amp;laquo; Motherfucking destroyer of worlds, &amp;raquo; pr&amp;eacute;cisais-je.&lt;br /&gt;&amp;laquo; Come on, &amp;raquo; s&amp;rsquo;indigna M&amp;eacute;lissa, &amp;laquo; c&amp;rsquo;est pas sa faute. Y&amp;rsquo;a pas choisi d&amp;rsquo;avoir &amp;ccedil;a. &amp;raquo;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut dire qu&amp;rsquo;Alex (ou Forest, comme les filles l&amp;rsquo;appelaient affectueusement) &amp;eacute;tait non seulement enlaidi par sa maladie, mais en plus il portait fi&amp;egrave;rement une &amp;eacute;norme tache jaune brune couverte de poils noirs sur le bras gauche. Elle &amp;eacute;tait assez difficile &amp;agrave; manquer &amp;eacute;tant donn&amp;eacute; que le bonhomme se promenait constamment en t-shirt rouge, peu importe la m&amp;eacute;t&amp;eacute;o. Il para&amp;icirc;t qu&amp;rsquo;il piquait des crises de la mort d&amp;egrave;s que ses parents essayaient de lui faire porter quoi que ce soit d&amp;rsquo;autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On le voyait d&amp;rsquo;ailleurs s&amp;rsquo;en venir au loin avec Antoine, c&amp;rsquo;&amp;eacute;tait l&amp;rsquo;heure des changements de shifts. Son fr&amp;egrave;re marchait droit en avant, en coupant par la colline en arri&amp;egrave;re de la caf&amp;eacute;t&amp;eacute;ria. Alex claudiquait derri&amp;egrave;re, les pouces dans les poches de jeans, en zigzaguant. Il donnait des coups de pied dans les branches et essayait de d&amp;eacute;capiter les fleurs. De temps &amp;agrave; autre, le premier attendait l&amp;rsquo;autre en &amp;eacute;tirant une boucle de cheveux gras. Je me retournai vers Dave :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;laquo; S&amp;eacute;rieux, &amp;agrave; caque fois j&amp;rsquo;ai envie de faire mooouuuuche! comme dans Austin Powers. &amp;raquo;&lt;br /&gt;&amp;laquo; Lequel ? &amp;raquo; Demanda Gab distraitement.&lt;br /&gt;&amp;laquo;  Ha! Mouchie mouchie mouchie! Je m&amp;rsquo;en souviens. &amp;raquo; Puis, h&amp;eacute;sitant, Dave pr&amp;eacute;cisa, &amp;laquo; le troisi&amp;egrave;me je pense. &amp;raquo;&lt;br /&gt;&amp;laquo; Shit, on pourrait, genre, la br&amp;ucirc;ler avec, genre, un tison. &amp;raquo; &lt;br /&gt;&amp;laquo; &lt;em&gt;Ta gueule&lt;/em&gt; ils arrivent. &amp;raquo;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils se sont assis apr&amp;egrave;s les saluts habituels. M&amp;eacute;lissa s&amp;rsquo;est coll&amp;eacute;e sur moi un peu plus encore pour leur faire de la place. Je crois s&amp;eacute;rieusement avoir rougi. Je sentais ses seins sur mon bras et elle me tenait toujours la main sous la table. On a parl&amp;eacute; de tout et surtout de Paulette. Apparament, elle &amp;eacute;tait entr&amp;eacute;e saoule comme d&amp;rsquo;habitude dans la cuisine et avait cri&amp;eacute; &amp;agrave; Fred qu&amp;rsquo;il &amp;eacute;tait un sale drogu&amp;eacute;, lui qui n&amp;rsquo;avait jamais touch&amp;eacute; &amp;agrave; une goutte d&amp;rsquo;alcool avant qu&amp;rsquo;on le force un peu la semaine d&amp;rsquo;avant. Il &amp;eacute;tait sorti tout de suite, sans dire un mot. Elle avait continu&amp;eacute; de crier apr&amp;egrave;s jusqu&amp;rsquo;&amp;agrave; ce qu&amp;rsquo;elle mette accidentellement le pouce sur un br&amp;ucirc;leur. &amp;laquo; C&amp;rsquo;&amp;eacute;tait pas beau. &amp;raquo; Antoine avait un grand sourire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M&amp;ecirc;me Alex rit, probablement pour faire comme les autres. Il avait les dents croches. Nous avions tous le reste de la soir&amp;eacute;e off (le jeudi soir &amp;eacute;tait le shift des losers). Dave se remit distraitement &amp;agrave; jouer de la guitare en regardant Mel avec un air piteux, c&amp;rsquo;en &amp;eacute;tait chiant &amp;agrave; la fin. Gab s&amp;rsquo;alluma une cigarette, m&amp;rsquo;en offrit une et en tendit une autre &amp;agrave; Alex, qui refusa avec un petit cri en mettant les mains sur ses oreilles. L&amp;agrave;, je ne pus m&amp;rsquo;en emp&amp;ecirc;cher, l&amp;rsquo;inf&amp;acirc;me tache noire sur son bras me regardait dans les yeux, elle me d&amp;eacute;visageait avec ses millions de tentacules noir&amp;acirc;tres. Je levai mon doigt: &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;laquo; Mooouuuuuche! &amp;raquo;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gabriel et Dave partirent &amp;agrave; rire aussit&amp;ocirc;t, Mel eut un petit hoquet r&amp;eacute;probateur sans y croire et m&amp;ecirc;me Antoine fit un petit sourire, il laissait passer. Alexandre me regarda un temps, puis partit &amp;agrave; rire, il ne savait clairement pas pourquoi j&amp;rsquo;avais dit &amp;ccedil;a, mais si tout le monde &amp;eacute;tait heureux, alors pourquoi pas. Gab ne put s&amp;rsquo;en emp&amp;ecirc;cher non plus :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;laquo; Mouchie mouchie mouchie ! &amp;raquo;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ris aux larmes, il avait m&amp;ecirc;me sorti une branche qui tra&amp;icirc;nait par terre pour poker la chose. Antoine tourna la t&amp;ecirc;te. Pour une fois, Gab botcha sur la table. La soir&amp;eacute;e continua lentement. Je piquai la guitare &amp;agrave; Dave parce que la situation avec M&amp;eacute;lissa &amp;eacute;tait de plus en plus embarrassante et je voulais mettre une distance physique entre elle et moi. Mauvais plan, elle aimait m&amp;rsquo;&amp;eacute;couter, m&amp;ecirc;me si je ne chantais pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On sortit le deux litres de 7-up pleine de vodka et la mouche revint souvent dans la conversation. Antoine tiqua chaque fois, mais son fr&amp;egrave;re semblait y prendre plaisir. Il &amp;eacute;tait tout heureux d&amp;rsquo;&amp;ecirc;tre au c&amp;oelig;ur de l&amp;rsquo;attention de temps en temps. Tard, quand Gabrielle (la fille) passa devant nous pour rentrer au dortoir, je l&amp;rsquo;accrochai : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;laquo; Hey! As-tu vu Karine? &amp;raquo;&lt;br /&gt;&amp;laquo;  Oui, &amp;raquo; dit-elle avec rage, &amp;laquo; est en christ apr&amp;egrave;s vous autres. Vous auriez pu &amp;ecirc;tre 	plus subtils.&lt;br /&gt;&amp;laquo; Comment &amp;ccedil;a? &amp;raquo;&lt;br /&gt;&amp;laquo; &lt;em&gt;Cheese&lt;/em&gt;? Osti les gars, est pas si conne que &amp;ccedil;a &amp;raquo;&lt;br /&gt;&amp;laquo; C&amp;rsquo;est pas &amp;ccedil;a que tu disais hier, &amp;raquo; lan&amp;ccedil;a Dave.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;agrave; que Gab prit sa cigarette et la pointa vers la tache d&amp;rsquo;Alexandre en marmonnant &amp;laquo; mouche &amp;raquo;. Sa main tremblait et il articulait &amp;agrave; peine. Le so&amp;ucirc;lon et le d&amp;eacute;ficient se regard&amp;egrave;rent un long moment dans les yeux, il y eut un silence qui dura quelques secondes, mais parut bien plus long. Finalement, contrairement &amp;agrave; son habitude, notre mini Forest Gump, qui avait probablement trop bu dans le verre de son fr&amp;egrave;re, partit &amp;agrave; rire. Il prit la cigarette et l&amp;rsquo;essaya. Il s&amp;rsquo;&amp;eacute;touffa. Ma main se crispa entre les jambes de Mel qui sursauta. On pouvait tous sentir venir la crise. Non. Il rit encore une fois. Je crois qu&amp;rsquo;il avait compris le principe. Alex pointa ensuite le bout rouge&amp;acirc;tre vers l&amp;rsquo;horrible tache sur son bras, criant &amp;agrave; tue-t&amp;ecirc;te. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;laquo; Mouchie mouchie mouchie mouchie mouchie! &amp;raquo;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a tous &amp;eacute;clat&amp;eacute; de rire, &amp;ccedil;a en faisait mal au ventre. C&amp;rsquo;&amp;eacute;tait trop. Antoine lui dit doucement d&amp;rsquo;arr&amp;ecirc;ter. Gabrielle (la fille) nous regardait sans comprendre. M&amp;eacute;lissa ne riait pas non plus. Elle me dit d&amp;rsquo;arr&amp;ecirc;ter. Je lui dis qu&amp;rsquo;il le faisait tout seul maintenant, que quelque part l&amp;rsquo;ironie du monde venait de sauter une coche. Elle enleva d&amp;rsquo;un geste furieux ma main d&amp;rsquo;entre ses jambes (j&amp;rsquo;&amp;eacute;tais si pr&amp;egrave;s !), se leva et partit brusquement. Elle essaya d&amp;rsquo;entra&amp;icirc;ner Alex avec elle, mais il r&amp;eacute;sista en criant &amp;laquo; mouche! &amp;raquo; encore plus fort. Il &amp;eacute;tait fix&amp;eacute;. Son front tout rouge, un immense sourire au visage. Elle rentra dans le dortoir, exc&amp;eacute;d&amp;eacute;. Je n&amp;rsquo;en revenais pas. Notre d&amp;eacute;ficient criait sans arr&amp;ecirc;t, souriant plus que jamais, son fr&amp;egrave;re le regardait, il tremblait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;laquo;  Mouche! &amp;raquo;&lt;br /&gt;&amp;laquo;  &lt;em&gt;Alex&lt;/em&gt;. &amp;raquo;&lt;br /&gt;&amp;laquo;  Mouche! &amp;raquo;&lt;br /&gt;&amp;laquo;  Ta gueule ! Antoine avait finalement lev&amp;eacute; la voix, &lt;em&gt;ferme ta christ de gueule Alex&lt;/em&gt;, tu me fais honte. &amp;raquo;&lt;br /&gt;&amp;laquo;  Moooouuuuuuche! &amp;raquo;&lt;br /&gt;&amp;laquo;  Calisse Alex, ferme l&amp;agrave; ! &lt;em&gt;Arr&amp;ecirc;te &amp;ccedil;a!&lt;/em&gt; &amp;raquo;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien n&amp;rsquo;y faisait. Forest &amp;eacute;tait parti pour la gloire. J&amp;rsquo;avais des crampes partout &amp;agrave; force de rire. Alex pointait de plus en plus proche la cigarette de Gab vers son bras, sa mouche. Un arc orange dans la nuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name=&quot;cutid1&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;T&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un ph&amp;eacute;nom&amp;egrave;ne courant et tr&amp;egrave;s bien document&amp;eacute;. Le plus fameux scientifique &amp;agrave; avoir fait para&amp;icirc;tre des travaux sur la chose est un certain Roberto Ariano, dont le chef d&amp;rsquo;&amp;oelig;uvre, Glitches and Bugs in Reality : The Imperfect Creationism Theory, est reconnu comme le livre le plus exhaustif sur le sujet. Malheureusement, en raison de certains malentendus dont nous &amp;eacute;viterons les d&amp;eacute;tails, le livre ne fut pas traduit en fran&amp;ccedil;ais et nous sommes pr&amp;eacute;sentement incapables de vous y r&amp;eacute;f&amp;eacute;rer si vous ne lisez point l&amp;rsquo;anglais. Il est malgr&amp;eacute; tout certain que ce qui m&amp;rsquo;est arriv&amp;eacute; le six juillet de l&amp;rsquo;an mille neuf cent quatre-vingt-quinze ne rel&amp;egrave;ve pas de l&amp;rsquo;impossible. Je tiens &amp;agrave; ce que cela soit clair, afin qu&amp;rsquo;on ne puisse pas penser qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit ici d&amp;rsquo;une fabulation quelconque. Il s&amp;rsquo;agit tout simplement du r&amp;eacute;cit d&amp;rsquo;un homme s&amp;rsquo;&amp;eacute;tant fait exclure de la r&amp;eacute;alit&amp;eacute; : moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, mieux vaudrait utiliser une analogie imparfaite, mais efficace, qui vous permettra, je l&amp;rsquo;esp&amp;egrave;re, de mieux saisir mon cas. Je suis &amp;agrave; peu pr&amp;egrave;s certain qu&amp;rsquo;il vous est d&amp;eacute;j&amp;agrave; arriv&amp;eacute; de ronger vos ongles pour quelque raison que ce soit. Il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;utiliser ses dents pour faire une petite incision sur un des c&amp;ocirc;t&amp;eacute;s de l&amp;rsquo;excroissance soudainement ind&amp;eacute;sirable, puis de tirer doucement sur celle-ci tout en guidant &amp;agrave; coups d&amp;rsquo;incisives le parcours de la cassure jusqu&amp;rsquo;&amp;agrave; l&amp;rsquo;autre c&amp;ocirc;t&amp;eacute; pour en d&amp;eacute;tacher au final un petit croissant net que l&amp;rsquo;on peut grignoter par la suite. Le r&amp;eacute;sultat escompt&amp;eacute; est un arc lisse et propre au bout du doigt qui n&amp;rsquo;offrira pas de points faibles pouvant mener &amp;agrave; de regrettables incidents. Malheureusement, il arrive parfois que, souvent d&amp;ucirc; &amp;agrave; un geste trop h&amp;acirc;tif, l&amp;rsquo;on arrache l&amp;rsquo;ongle sans guider ad&amp;eacute;quatement la trajectoire de la coupure et que celle-ci devienne trop profonde, exposant de la sorte une partie sensible du doigt qui serait normalement prot&amp;eacute;g&amp;eacute;e par la couverture salvatrice du plateau ros&amp;acirc;tre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C&amp;rsquo;est &amp;ccedil;a.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis ma petite enfance, j&amp;rsquo;entretiens une fascination inn&amp;eacute;e pour la dissection. Je d&amp;eacute;construis sans discrimination. &amp;Agrave; six ans j&amp;rsquo;arrachais les pattes des araign&amp;eacute;es, &amp;agrave; huit ans j&amp;rsquo;ouvrais mes stylos m&amp;eacute;caniques pour en go&amp;ucirc;ter l&amp;rsquo;encre, &amp;agrave; dix ans je d&amp;eacute;mantelais au grand d&amp;eacute;sespoir de mon p&amp;egrave;re tous les appareils &amp;eacute;lectroniques de la maison. M&amp;ecirc;me &amp;agrave; la campagne, j&amp;rsquo;arrachais toujours l&amp;rsquo;&amp;eacute;corce des bouleaux au chalet de mes grands-parents. D&amp;rsquo;ailleurs, ce n&amp;rsquo;est pas tant par cruaut&amp;eacute;, mais par structuralisme que j&amp;rsquo;ouvris, &amp;agrave; l&amp;rsquo;&amp;acirc;ge de onze ans le ventre d&amp;rsquo;un chat malade que je trouvai dans la ruelle d&amp;rsquo;en arri&amp;egrave;re. L&amp;rsquo;exp&amp;eacute;rience, qui selon moi devrait faire partie du d&amp;eacute;veloppement intellectuel de tout enfant poss&amp;eacute;dant une saine curiosit&amp;eacute; des choses naturelles, fut tout &amp;agrave; fait instructive. Je m&amp;rsquo;&amp;eacute;merveillai d&amp;rsquo;avoir enfin acc&amp;egrave;s aux m&amp;eacute;canismes internes, aux structures de la vie. Je jouai longtemps &amp;agrave; enlever morceau par morceau chacun des organes, les d&amp;eacute;posant sur un vieux carton, les endommageant le moins possible, &amp;agrave; l&amp;rsquo;aide du petit couteau suisse que j&amp;rsquo;avais re&amp;ccedil;u pour ma f&amp;ecirc;te un mois plus t&amp;ocirc;t. Je fus n&amp;eacute;anmoins &amp;eacute;nerv&amp;eacute; par la quantit&amp;eacute; sid&amp;eacute;rante de sang qui s&amp;rsquo;&amp;eacute;chappait de la carcasse, bloquant ma vue et engourdissant les op&amp;eacute;rations, le tout devenant de plus en plus glissant, indiscret. &lt;br /&gt;De m&amp;ecirc;me, je fus toute une ann&amp;eacute;e fascin&amp;eacute; par un squelette de pl&amp;acirc;tre qui me fixait du fond de la classe dans mon premier cours de biologie. Il fut le seul de toute mon adolescence &amp;agrave; vraiment me regarder dans les yeux. Je le dessinai des centaines de fois dans les marges de mes cahiers, les autres me prirent pour un gothique. Je pris plus tard de nombreuses classes de dessin anatomique, tentant de retrouver cette complicit&amp;eacute; qui s&amp;rsquo;&amp;eacute;tait form&amp;eacute;e entre moi et mon squelette. Les mod&amp;egrave;les me semblaient toujours trop gras, emplis de chair inutile. En fait, j&amp;rsquo;ai toujours &amp;eacute;t&amp;eacute; attir&amp;eacute; par les jeunes anorexiques, j&amp;rsquo;aimais saisir leurs c&amp;ocirc;tes saillantes, les crevasses au dessus des hanches. La p&amp;eacute;n&amp;eacute;tration m&amp;rsquo;appara&amp;icirc;t comme un jouissif coup de scalpel qui permet de vraiment saisir l&amp;rsquo;objet d&amp;rsquo;&amp;eacute;tude. Je d&amp;eacute;veloppai n&amp;eacute;anmoins une expertise artistique unique qui me permit sinon de bien vivre, du moins d&amp;rsquo;exposer certaines &amp;oelig;uvres et de publier de temps &amp;agrave; autre. Je pris aussi l&amp;rsquo;habitude nonchalante de d&amp;eacute;garnir, pour passer le temps, toute feuille d&amp;rsquo;arbre &amp;agrave; port&amp;eacute;e de bras pour me d&amp;eacute;sennuyer. Tranquilement, segment par segment, je s&amp;eacute;parais le limbe de la tige, go&amp;ucirc;tant au doux plaisir de sentir le tissu s&amp;rsquo;arracher nettement sous mes doigts pour ne laisser &amp;agrave; la fin que la charpente de la feuille. Les &amp;eacute;rables m&amp;rsquo;&amp;eacute;taient particuli&amp;egrave;rement sympathiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En ce six juillet particulier, assis tranquillement sur un banc public en attendant l&amp;rsquo;autobus, j&amp;rsquo;effectuai, comme tous les jours pr&amp;eacute;c&amp;eacute;dents, ce geste m&amp;eacute;canique. Le petit pommier qui poussait derri&amp;egrave;re l&amp;rsquo;arr&amp;ecirc;t pr&amp;egrave;s de chez moi commen&amp;ccedil;ait d&amp;eacute;j&amp;agrave; &amp;agrave; para&amp;icirc;tre plut&amp;ocirc;t d&amp;eacute;garni. Je saisis donc avec l&amp;eacute;g&amp;egrave;ret&amp;eacute; une nouvelle victime, sans trop y penser. J&amp;rsquo;enfon&amp;ccedil;ai d&amp;eacute;licatement mon ongle juste dans la tige au bout de la feuille. Voil&amp;agrave;! J&amp;rsquo;eus soudain une sensation &amp;agrave; la fois merveilleuse et indescriptible, quelque chose d&amp;rsquo;extr&amp;ecirc;mement pr&amp;eacute;cieux. Je sentis sous la peau de mon pouce une ligne lisse, organique, v&amp;eacute;g&amp;eacute;tale, sans d&amp;eacute;faut. Je regardai, &amp;eacute;tonn&amp;eacute;, mon &amp;oelig;uvre. Mes sens ne me trompaient pas. J&amp;rsquo;avais r&amp;eacute;ussi une coupure parfaite. Il &amp;eacute;tait clair que la tige allait se d&amp;eacute;gager d&amp;rsquo;elle-m&amp;ecirc;me, une robe qui tombe langoureusement. Mon souffle reprit avec force, je sentais le sang passer &amp;agrave; toute allure dans mon cou, dans mes tempes. Je tirai le limbe avec empressement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je fus d&amp;rsquo;abord surpris de voir non pas le tissu v&amp;eacute;g&amp;eacute;tal, mais la tige elle-m&amp;ecirc;me se s&amp;eacute;parer en longueur. Entre les deux, plus rien. Je tirai encore plus, la fente d&amp;eacute;coupa la branche, l&amp;rsquo;arbre, le sol et l&amp;rsquo;horizon. Dans un long mouvement fluide, sans accroc, je vis le monde s&amp;rsquo;ouvrir sous mes pieds, devant et derri&amp;egrave;re moi. Le banc de parc, l&amp;rsquo;asphalte, l&amp;rsquo;horizon au complet se s&amp;eacute;par&amp;egrave;rent pour m&amp;rsquo;engouffrer dans cet espace impossible qu&amp;rsquo;il y a l&amp;agrave; o&amp;ugrave; le r&amp;eacute;el n&amp;rsquo;est pas. La rue &amp;eacute;tait proprement divis&amp;eacute;e et s&amp;eacute;par&amp;eacute;e en profondeur par une fosse de plusieurs m&amp;egrave;tres. Je pouvais voir, en baissant le regard, les couches successives de b&amp;eacute;ton, de terre et de roches. L&amp;agrave; o&amp;ugrave; l&amp;rsquo;horizon &amp;eacute;tait s&amp;eacute;par&amp;eacute;, ce n&amp;rsquo;&amp;eacute;tait ni blanc ni noir, mais une sorte de vide que mon &amp;oelig;il ne parvenait pas &amp;agrave; saisir, sur lesquels mon regard glissait continuellement. Moi, au milieu, je tenais dans chaque main une moiti&amp;eacute; de l&amp;rsquo;univers, une demi-feuille de pommier. Le temps s&amp;rsquo;&amp;eacute;tait arr&amp;ecirc;t&amp;eacute;. Je flottais, &amp;eacute;berlu&amp;eacute;, dans quelque chose que je ne comprenais pas. J&amp;rsquo;&amp;eacute;tais horrifi&amp;eacute;, devant moi se tenait un homme s&amp;eacute;par&amp;eacute; en deux, une moiti&amp;eacute; sur chaque rive, je pouvais voir ses organes bien nets comme dans les manuels de biologie humaine. Ma vue s&amp;rsquo;embrouilla. Cela ne fit pas mal, je restai seulement h&amp;eacute;b&amp;eacute;t&amp;eacute;, sid&amp;eacute;r&amp;eacute;, sans dire un mot, durant le bref instant o&amp;ugrave; les choses rest&amp;egrave;rent suspendues dans l&amp;rsquo;incertitude. Il me semblait que l&amp;rsquo;univers entier &amp;eacute;tait sur le bord de l&amp;rsquo;&amp;eacute;clatement total, qu&amp;rsquo;un simple souffle dans une direction pouvait faire &amp;eacute;clater d&amp;eacute;finitivement tout ce qui est. Je me frottai les yeux, l&amp;acirc;chant les moiti&amp;eacute;s de feuilles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aussi soudainement, les choses se recoll&amp;egrave;rent. Depuis l&amp;rsquo;horizon, comme une immense fermeture &amp;eacute;clair, le bleu du ciel, que j&amp;rsquo;avais toujours cru homog&amp;egrave;ne, reprit sa place l&amp;eacute;gitime, les nuages retrouv&amp;egrave;rent leurs formes &amp;eacute;vocatrices et le soleil redevint borgne. C&amp;rsquo;est avec soulagement que je vis se ressouder &amp;agrave; toute allure la rue, les automobiles, leurs chauffeurs, l&amp;rsquo;herbe et finalement l&amp;rsquo;arbre, la branche et la feuille. Je poussai un grand soupir : j&amp;rsquo;&amp;eacute;tais all&amp;eacute; trop loin. Je regardai &amp;agrave; terre, question de v&amp;eacute;rifier que mes pieds s&amp;rsquo;appuyaient bien sur l&amp;rsquo;herbe amie, que le sol &amp;eacute;tait l&amp;agrave; o&amp;ugrave; il m&amp;rsquo;avait toujours offert son inconditionnel soutien. Je regardai et regardai, il &amp;eacute;tait effectivement bien pr&amp;eacute;sent : une immense racine s&amp;rsquo;&amp;eacute;tait referm&amp;eacute;e sur mes genoux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, de m&amp;ecirc;me que certains math&amp;eacute;maticiens utilisent des nombres impossibles comme la racine carr&amp;eacute;e de moins un, je me trouvai pris dans cet endroit qui doit logiquement &amp;ecirc;tre &amp;eacute;limin&amp;eacute; en cours d&amp;rsquo;op&amp;eacute;ration pour assurer le bon fonctionnement de l&amp;rsquo;univers. J&amp;rsquo;avais, je le sais maintenant, divis&amp;eacute; l&amp;rsquo;indivisible. Non les atomes, qui sont au fond clairement compos&amp;eacute;s eux aussi de structures propres et s&amp;eacute;par&amp;eacute;es &amp;agrave; l&amp;rsquo;infini, mais bien la r&amp;eacute;alit&amp;eacute; elle-m&amp;ecirc;me. D&amp;rsquo;un coup d&amp;rsquo;ongle, ce que j&amp;rsquo;avais coup&amp;eacute; n&amp;rsquo;&amp;eacute;tait pas un seul &amp;eacute;l&amp;eacute;ment, mais l&amp;rsquo;ensemble et chacune des parties qui le constituent, le tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J&amp;rsquo;&amp;eacute;cris cette chronique bien apr&amp;egrave;s les &amp;eacute;v&amp;eacute;nements relat&amp;eacute;s jusqu&amp;rsquo;ici, et elle serait d&amp;eacute;finitivement incompl&amp;egrave;te si je ne racontais pas ce qui se passa par la suite, aussi difficile que cela puisse &amp;ecirc;tre pour moi. Il faut le dire : je n&amp;rsquo;&amp;eacute;tais plus de ce monde. J&amp;rsquo;y errais, fantomatique, sans limites et sans impact. J&amp;rsquo;&amp;eacute;tais invisible, inaudible et immat&amp;eacute;riel. Si les premiers jours pass&amp;egrave;rent dans une panique dont je ne retiens aujourd&amp;rsquo;hui qu&amp;rsquo;un vague souvenir, je finis &amp;eacute;ventuellement par m&amp;rsquo;adapter aux possibilit&amp;eacute;s offertes, du moins durant les premi&amp;egrave;res ann&amp;eacute;es. Je profitai de mon &amp;eacute;tat pour voir et espionner le monde, me glissant de nombreuses fois dans les endroits les mieux gard&amp;eacute;s, &amp;eacute;coutant les meetings les plus secrets du Pentagone, analysant les formes de vie nouvelle qui germ&amp;egrave;rent p&amp;eacute;niblement &amp;agrave; la suite des radiations nucl&amp;eacute;aires r&amp;eacute;siduelles de l&amp;rsquo;immense crat&amp;egrave;re qui fut autrefois les Balcans. Ces activit&amp;eacute;s se r&amp;eacute;v&amp;eacute;l&amp;egrave;rent pourtant toutes assez fades : je ne pouvais ni faire peur &amp;agrave; l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cutif militaire, ni diss&amp;eacute;quer les coquerelles de Sarajevo. Sexuellement, je me retrouvai face au m&amp;ecirc;me probl&amp;egrave;me, rel&amp;eacute;gu&amp;eacute; &amp;agrave; une exp&amp;eacute;rience de voyeurisme perp&amp;eacute;tuel. Je me glissai d&amp;rsquo;innombrables fois dans la douche de jeunes filles se masturbant ou dans des chambres priv&amp;eacute;es o&amp;ugrave; elles s&amp;rsquo;adonnaient aux plus spectaculaires &amp;eacute;bats, mais il m&amp;rsquo;&amp;eacute;tait impossible de provoquer un quelconque frisson sur leur peau, ni de sentir leurs corps contre le mien. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le cin&amp;eacute;ma &amp;eacute;tait devenu mon principal divertissement. Je passai des centaines d&amp;rsquo;heures dans de sombres salles de projection &amp;agrave; croire, le temps d&amp;rsquo;une histoire, que j&amp;rsquo;&amp;eacute;tais comme les autres assis dans leurs si&amp;egrave;ges. Pour ces quelques instants, je vivais les m&amp;ecirc;mes exp&amp;eacute;riences qu&amp;rsquo;eux, nous ressentions les m&amp;ecirc;mes &amp;eacute;motions, popcorn et baisers en moins. J&amp;rsquo;&amp;eacute;tais path&amp;eacute;tique, j&amp;rsquo;allai m&amp;ecirc;me jusqu&amp;rsquo;&amp;agrave; faire semblant de m&amp;rsquo;asseoir &amp;agrave; c&amp;ocirc;t&amp;eacute; de jeunes c&amp;eacute;libataires, glissant ma main invisible derri&amp;egrave;re leur banc. Sinon, la lecture m&amp;rsquo;&amp;eacute;tait rendue p&amp;eacute;nible du fait que je ne pouvais ni sortir le livre de la biblioth&amp;egrave;que, ni en tourner les pages, ce qui plus tard ralentit s&amp;eacute;rieusement mes recherches. Il en &amp;eacute;tait de m&amp;ecirc;me pour la musique : je ne pouvais jamais changer de disque. Je d&amp;eacute;sesp&amp;eacute;rerai d&amp;rsquo;entendre une seule des pi&amp;egrave;ces qui m&amp;rsquo;avaient &amp;eacute;t&amp;eacute; si famili&amp;egrave;res durant ma jeunesse. Je devins m&amp;ecirc;me accroc &amp;agrave; un programme de nostalgie grunge qui passait &amp;agrave; trois heures du m&amp;acirc;tin tous les jours durant les ann&amp;eacute;es 30. Je faillis faire un arr&amp;ecirc;t cardiaque lorsqu&amp;rsquo;ils le coup&amp;egrave;rent pour du n&amp;eacute;o-ska. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J&amp;rsquo;&amp;eacute;tais donc prisonnier de mon &amp;eacute;tat et les ouvrages qui auraient pu m&amp;rsquo;instruire sur ma situation me pendaient perp&amp;eacute;tuellement au bout du nez, provocant et d&amp;eacute;sesp&amp;eacute;rant, dans les rayons des librairies universitaires que je hantais en d&amp;eacute;sespoir de cause. J&amp;rsquo;essayai souvent de me suicider, sans succ&amp;egrave;s. L&amp;rsquo;image d&amp;rsquo;un m&amp;eacute;tro passant &amp;agrave; toute vitesse &amp;agrave; travers soi est &amp;eacute;poustouflante. D&amp;eacute;sesp&amp;eacute;r&amp;eacute;, j&amp;rsquo;allai voir voyantes et m&amp;eacute;diums de tous genres, je poussai dans tous les sens les mains de petites-filles jouant au Ouija, sans r&amp;eacute;sultats, j&amp;rsquo;&amp;eacute;tais exclu de la r&amp;eacute;alit&amp;eacute;, elle ne m&amp;rsquo;acceptait plus et ne voulait m&amp;ecirc;me plus en entendre parler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;une centaine d&amp;rsquo;ann&amp;eacute;es plus tard que je trouvai en Or&amp;eacute;gon, dor&amp;eacute;navant province de la R&amp;eacute;publique de Nouvelle Californie, une jeune &amp;eacute;tudiante qui travaillait &amp;agrave; partir des travaux du docteur Ariano mentionn&amp;eacute; plus t&amp;ocirc;t pour trouver un moyen d&amp;rsquo;ouvrir un passage vers l&amp;rsquo;impossible. Elle s&amp;rsquo;appelait Kimberly, elle &amp;eacute;tait grande et rousse, avait des traits irlandais prononc&amp;eacute;s et une attitude caustique qui me s&amp;eacute;duit d&amp;egrave;s les premiers jours. Je l&amp;rsquo;aper&amp;ccedil;us pour la premi&amp;egrave;re fois dans un s&amp;eacute;minaire sur l&amp;rsquo;effet tunnel en physique postnucl&amp;eacute;aire &amp;agrave; l&amp;rsquo;Universit&amp;eacute; de Portland auquel j&amp;rsquo;avais assist&amp;eacute; en d&amp;eacute;sespoir de cause. Elle fut la premi&amp;egrave;re &amp;agrave; s&amp;rsquo;objecter du peu de s&amp;eacute;rieux des &amp;eacute;tudes pr&amp;eacute;sent&amp;eacute;es, puis, exc&amp;eacute;d&amp;eacute;e, elle sortit du local et d&amp;eacute;compressa dans les toilettes en avalant trois antid&amp;eacute;presseurs. J&amp;rsquo;&amp;eacute;tais amoureux. Je la suivis chez elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que je la regardais travailler nuit et jour, il me sembla de plus en plus clair qu&amp;rsquo;elle savait que j&amp;rsquo;&amp;eacute;tais l&amp;agrave;, prisonnier sans ombre, la suppliant d&amp;rsquo;ouvrir un portail vers la r&amp;eacute;alit&amp;eacute; qui me permettrait de la rejoindre sous les draps. Je la priai chaque heure, chaque minute, l&amp;rsquo;encourageant, lui soufflant mon amour &amp;agrave; l&amp;rsquo;oreille la nuit. C&amp;rsquo;&amp;eacute;tait clair, elle allait me lib&amp;eacute;rer pour m&amp;rsquo;offrir tout ce que ses nombreuses caresses solitaires promettaient et bien plus encore. Toute l&amp;rsquo;ann&amp;eacute;e qui suivit, je fus son ombre. J&amp;rsquo;&amp;eacute;tais obs&amp;eacute;d&amp;eacute;, jaloux de tous les hommes et les femmes qui l&amp;rsquo;approch&amp;egrave;rent. Et, chaque fois, elle chassa autant mon angoisse que son pr&amp;eacute;tendant de quelques mots aimables, mais secs, indiscutables. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;Agrave; l&amp;rsquo;&amp;eacute;t&amp;eacute; 2097 apr&amp;egrave;s J.-C. ses travaux avan&amp;ccedil;aient de plus en plus rapidement, je sentais un momentum monter dans l&amp;rsquo;ambiance g&amp;eacute;n&amp;eacute;rale de l&amp;rsquo;appartement, elle &amp;eacute;crivait sans arr&amp;ecirc;t. C&amp;rsquo;est en lisant par dessus son &amp;eacute;paule de longues nuits durant que j&amp;rsquo;appris tout ce dont je vous ai parl&amp;eacute; plus haut. Elle descendit lentement des sources universitaires aux auteurs moins sceptiques, des savants aux &amp;eacute;tudes occultes. Elle semblait aussi de plus en plus hant&amp;eacute;e par cette id&amp;eacute;e fixe d&amp;rsquo;ouvrir les portes de l&amp;rsquo;impossible, de ciseler la r&amp;eacute;alit&amp;eacute;, d&amp;rsquo;entrecouper les dimensions temporelles. Je ne vis jamais ses parents ni ses amis si elle en avait encore, c&amp;rsquo;est &amp;agrave; peine si elle r&amp;eacute;pondait au t&amp;eacute;l&amp;eacute;phone. Elle sortait peu et du moment o&amp;ugrave; des connaissances lui faisaient part de leurs inqui&amp;eacute;tudes quant &amp;agrave; sa sant&amp;eacute;, elle coupait le contact. J&amp;rsquo;exultais, elle n&amp;rsquo;&amp;eacute;tait fid&amp;egrave;le qu&amp;rsquo;&amp;agrave; moi. Plus les semaines passaient, plus elle devenait nerveuse, obsessive. Elle se masturbait presque quotidiennement, de plus en plus souvent de fa&amp;ccedil;on violente. Elle d&amp;eacute;vorait ses ongles et la peau tout autour. Elle grattait sans arr&amp;ecirc;t la peau de ses bras qui saignait sur ses travaux. Souvent, elle ne travaillait qu&amp;rsquo;en t-shirt, sans pantalons ni sous-v&amp;ecirc;tements, ou bien compl&amp;egrave;tement nue. Je la sentais aussi impatiente que moi. Elle mangeait moins, sa peau blanchissait. J&amp;rsquo;&amp;eacute;tais moi aussi fervent et confus, elle &amp;eacute;tait devenue une sainte &amp;agrave; mes yeux, pure et d&amp;eacute;vou&amp;eacute;e &amp;agrave; ma cause, m&amp;rsquo;offrant volontiers le spectacle de son corps en attendant que je puisse la rejoindre. Elle murmurait continuellement un discours d&amp;eacute;cousu, r&amp;eacute;p&amp;eacute;tant sans cesse que &amp;laquo; tout est dans le geste. &amp;raquo;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un matin de juillet, alors qu&amp;rsquo;elle avait &amp;eacute;tudi&amp;eacute; fr&amp;eacute;n&amp;eacute;tiquement toute la nuit, Kimberly arr&amp;ecirc;ta d&amp;rsquo;&amp;eacute;crire, je ne parvins pas &amp;agrave; lire, depuis quelques jours tout son alphabet s&amp;rsquo;&amp;eacute;tait transform&amp;eacute;, ce n&amp;rsquo;&amp;eacute;tait plus que des dessins, des formes g&amp;eacute;om&amp;eacute;triques de plus en plus simples. Elle glissa dans sa chambre et cria tr&amp;egrave;s fort, c&amp;rsquo;en &amp;eacute;tait presque animal. Une heure plus tard, elle s&amp;rsquo;habilla. Elle sortit en trombe, pestant que tout &amp;eacute;tait au fond si simple et si stupide. J&amp;rsquo;&amp;eacute;tais surexcit&amp;eacute;. Avait-elle finalement trouv&amp;eacute; un moyen de me sortir de ma peine, de me r&amp;eacute;int&amp;eacute;grer? Elle prit l&amp;rsquo;autobus. Le trajet me sembla interminable. Elle en sortit au centre-ville, s&amp;rsquo;arr&amp;ecirc;ta devant un petit parc au milieu duquel s&amp;rsquo;&amp;eacute;levait une statue de bronze et fixa en silence l&amp;rsquo;herbe &amp;agrave; ses pieds. Elle fit six pas en avant. Elle s&amp;rsquo;accroupit lentement. La vue &amp;eacute;tait superbe. La ville s&amp;rsquo;&amp;eacute;veillait et le soleil se refl&amp;eacute;tait sur toutes les vitres de la rue. Elle prit d&amp;eacute;licatement un des brins d&amp;rsquo;herbe devant ses pieds et glissa l&amp;rsquo;ongle de son pouce tout au long de son &amp;eacute;chine, laissant l&amp;rsquo;humidit&amp;eacute; du m&amp;acirc;tin faire une goutte d&amp;rsquo;eau qui glissa sous son doigt. Puis, elle enfon&amp;ccedil;a son pouce et, avec le m&amp;ecirc;me visage de bonheur b&amp;eacute;at que je lui avais si souvent vu les jours pr&amp;eacute;c&amp;eacute;dents, tira doucement de chaque c&amp;ocirc;t&amp;eacute;. Je faillis vomir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La brindille, puis la roche, puis le sol et la rue et le ciel se s&amp;eacute;par&amp;egrave;rent. Tout &amp;eacute;tait comme la fois pr&amp;eacute;c&amp;eacute;dente. Je la vis telle qu&amp;rsquo;elle &amp;eacute;tait au milieu du n&amp;eacute;ant. D&amp;eacute;charn&amp;eacute;e, les c&amp;ocirc;tes saillantes, les dents jaunes, les cheveux minces et plats, Kimmy &amp;eacute;tait cern&amp;eacute;e, ses yeux &amp;eacute;taient ensanglant&amp;eacute;s. Je suis certain qu&amp;rsquo;elle me vit elle aussi, elle sursauta, l&amp;acirc;chant les brins d&amp;rsquo;herbe, puis s&amp;rsquo;arr&amp;ecirc;ta. Encore une fois, le temps se suspendit. Encore une fois, j&amp;rsquo;arr&amp;ecirc;tai de respirer. Je dois confesser qu&amp;rsquo;en ce moment, rien d&amp;rsquo;autre n&amp;rsquo;importait que de finalement rentrer dans le r&amp;eacute;el, de ne plus &amp;ecirc;tre cette donn&amp;eacute;e aberrante que l&amp;rsquo;univers rejetait avec tant de force. La r&amp;eacute;alit&amp;eacute; commen&amp;ccedil;ait d&amp;eacute;j&amp;agrave; &amp;agrave; reprendre sa place &amp;agrave; l&amp;rsquo;horizon. Je courus vers le bord de la falaise, vers la terre ferme &amp;agrave; ma droite. Je courus, d&amp;eacute;posai mon pied sur l&amp;rsquo;herbe et passai tout droit &amp;agrave; travers la statue de bronze, &amp;eacute;mergeant de l&amp;rsquo;autre c&amp;ocirc;t&amp;eacute; avec une foug&amp;egrave;re &amp;agrave; travers le ventre. C&amp;rsquo;&amp;eacute;tait un sens unique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle? Un arr&amp;ecirc;t cardiaque, &amp;agrave; ma vue peut-&amp;ecirc;tre, avant que la terre ne se referme sur ses cuisses. Moi? J&amp;rsquo;&amp;eacute;cris ceci dans l&amp;rsquo;air, comme &amp;ccedil;a, avec mon ongle, et j&amp;rsquo;esp&amp;egrave;re vaguement que tout &amp;eacute;clatera sur la barre d&amp;rsquo;un T&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M&amp;Ecirc;ME LES CHIENS BOIVENT DU TH&amp;Eacute;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Les S&amp;Eacute;RILLES se situent &amp;agrave; 400 km au sud-est du Sri Lanka. L&apos;archipel est compos&amp;eacute; de plus de 110 &amp;icirc;les dont seulement une petite douzaine est ouverte au tourisme. Aux S&amp;eacute;rilles la nature est encore prot&amp;eacute;g&amp;eacute;e et vous pourrez admirer une v&amp;eacute;g&amp;eacute;tation vari&amp;eacute;e de bambous, bananiers, cocotiers et d&amp;eacute;couvrir des fonds sous-marins parmi les plus beaux du Monde. Pas besoin d&apos;&amp;ecirc;tre plongeur professionnel! Un masque suffit pour rencontrer tortues, poissons multicolores, raies et petits requins... Aux S&amp;eacute;rilles les &amp;icirc;les-h&amp;ocirc;tels offrent une qualit&amp;eacute; de service et un accueil d&apos;excellent niveau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nos clients reviennent toujours enchant&amp;eacute;s de leur Voyage aux S&amp;eacute;rilles! Pour &amp;ecirc;tre s&amp;ucirc;r de faire le bon choix en toute s&amp;eacute;curit&amp;eacute;, appelez nos sp&amp;eacute;cialistes S&amp;eacute;rilles. Ils vous aideront &amp;agrave; choisir l&apos;&amp;icirc;le de r&amp;ecirc;ve qui vous correspond. (Oovatu, Le Meilleur du voyage, en ligne, consult&amp;eacute; le 26 mars 2018, http://www.oovatu.com/destination/voyages-serilles.htm)&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je regarde distraitement mon &amp;eacute;cran d&amp;rsquo;ordinateur en rongeant mon crayon. J&amp;rsquo;avance tranquillement l&amp;rsquo;objectif tout au long de la route principale de Sainte-Marie, survolant les palmiers, les toits pastel, quelques l&amp;eacute;zards et les automobiles de la d&amp;eacute;cennie pr&amp;eacute;c&amp;eacute;dente. En plein milieu de la route, soulevant un petit nuage de poussi&amp;egrave;re qui prend tout son temps &amp;agrave; se reposer, une mobylette verte du si&amp;egrave;cle dernier avance p&amp;eacute;niblement. Dessus un homme bronz&amp;eacute; est recroquevill&amp;eacute; sur son guidon, portant fi&amp;egrave;rement un ridicule casque rouge vif sur lequel est dessin&amp;eacute; un dinosaure avec des lunettes de soleil violac&amp;eacute;es. Le petit appareil se dirige vers le sud, les plages et les touristes. Je ris un peu, me retourne et signale aux autres de venir voir Riad s&amp;rsquo;en aller &amp;laquo; chez le dentiste &amp;raquo;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela fait maintenant plus de six mois que je travaille de soir avec Riad les mardis, mercredis et vendredis aux Cinq S et j&amp;rsquo;avoue que, malgr&amp;eacute; toutes mes intentions pieuses, je ne peux pas vraiment m&amp;rsquo;emp&amp;ecirc;cher de rire de lui, d&amp;rsquo;en avoir piti&amp;eacute;. Chaque soir, il entre maladroitement par la vieille porte de bois du bureau et me jette un sourire b&amp;eacute;at, de temps &amp;agrave; autre il tente m&amp;ecirc;me un clin d&amp;rsquo;oeil triste de chien piteux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, il n&amp;rsquo;est pas particuli&amp;egrave;rement excentrique ni extraverti. Il passe la majorit&amp;eacute; de son temps devant un &amp;eacute;cran chez lui comme au travail. Pourtant, toute l&amp;rsquo;&amp;icirc;le le conna&amp;icirc;t, sa maladresse est presque l&amp;eacute;gendaire, il est aussi ridicule physiquement que socialement. C&amp;rsquo;est un peu notre idiot du village. Un bon sujet de comm&amp;eacute;rages pour les filles de l&amp;rsquo;agence, dont moi. Au moins une fois par semaine nous nous rappelons en riant quelque gaffe qu&amp;rsquo;il fit la veille, quelque tentative maladroite de flirt avec l&amp;rsquo;une ou l&amp;rsquo;autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Il n&amp;rsquo;en a pourtant pas vraiment l&amp;rsquo;air. Sur des photographies de vacances par exemple il semblait un bel homme dans la trentaine, relativement bien entretenu, auquel je n&amp;rsquo;aurais pas dit non pour un souper. En personne, cependant, il d&amp;eacute;tonne constamment avec son milieu. Tout lui donne une aura de profond malaise qu&amp;rsquo;il trimballait piteusement jour apr&amp;egrave;s jour. Il semble porter un bonnet d&amp;rsquo;&amp;acirc;ne permanent, qui l&amp;rsquo;emp&amp;ecirc;che d&amp;rsquo;enligner trois mots cons&amp;eacute;cutifs sans hoqueter, h&amp;eacute;siter ou postillonner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il travaille donc depuis six ans pour le Cinq S, c&apos;est-&amp;agrave;-dire le Service de S&amp;eacute;curit&amp;eacute; et de Surveillance Sattelite des S&amp;eacute;rilles, petites &amp;icirc;les sous autorit&amp;eacute; fran&amp;ccedil;aise perdues au sud de l&amp;rsquo;Oc&amp;eacute;an Indien. Un lieu dit paradisiaque, o&amp;ugrave; de riches Europ&amp;eacute;ens viennent couramment passer des vacances en priv&amp;eacute; pour profiter du climat, des plages, de l&amp;rsquo;isolement et des jeunes indig&amp;egrave;nes comme moi dont les largesses sont vant&amp;eacute;es internationalement dans l&amp;rsquo;industrie du tourisme de luxe. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Riad doit donc assurer, avec l&amp;rsquo;aide d&amp;rsquo;une douzaine de coll&amp;egrave;gues dont je fais partie, la surveillance satellite constante de l&amp;rsquo;&amp;icirc;le telle que promise par les brochures touristiques distribu&amp;eacute;e &amp;laquo; aux quatre coins du globe &amp;raquo;. C&amp;rsquo;est, au fond, un emploi sympathique et peu demandant, qui permet de s&amp;rsquo;isoler des journ&amp;eacute;es durant &amp;agrave; l&amp;rsquo;air conditionn&amp;eacute; en regardant sur son &amp;eacute;cran les Europ&amp;eacute;ens et Europ&amp;eacute;ennes se bronzant sur la plage. Les journ&amp;eacute;es passent rapidement et la paye est suffisante pour un peu de fantaisies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis deux semaines d&amp;eacute;j&amp;agrave; il observait distraitement un couple fran&amp;ccedil;ais venu occuper l&amp;rsquo;une des plus ch&amp;egrave;res villas de Marie-Sur-Mer, capitale du bikini 2016 selon Sports Illustrated. Le m&amp;acirc;le &amp;eacute;tait jeune et intimidant, portant fi&amp;egrave;rement le &amp;laquo; tan &amp;raquo; parfait et les pectoraux fins de l&amp;rsquo;homme moderne, il semblait &amp;agrave; la fois surfeur australien et tyrannique administrateur corporatif. La femelle, elle, n&amp;rsquo;&amp;eacute;tait pas en soi remarquable et jurait avec son spectaculaire mari. Elle portait les cheveux courts, un visage carr&amp;eacute; et des sourcils &amp;eacute;pais qui lui donnaient un air quelque peu hommasse. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chaque jour, Riad voyait entrer dans leur demeure une quantit&amp;eacute; exceptionnelle (m&amp;ecirc;me pour les S&amp;eacute;rilles) de prostitu&amp;eacute;s des deux sexes, dont certaines qu&amp;rsquo;il connaissait bien. Plus amusant encore, chacun semblait pr&amp;eacute;f&amp;eacute;rer la compagnie des membres de son propre sexe. La femme se clo&amp;icirc;trait avec de jeunes pr&amp;eacute;adolescentes blafardes tandis que le mari pr&amp;eacute;f&amp;eacute;rait les m&amp;acirc;les en &amp;acirc;ge, et les gens disaient au bistro Le Porto que plusieurs anciens &amp;eacute;taient sortis de leurs retraites pour satisfaire cet &amp;eacute;trange pervers qui payait de forts pourboires. Toutes sortes de rumeurs galopaient dans l&amp;rsquo;agence sur leur cas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais le couple en soi n&amp;rsquo;&amp;eacute;tait pas ce qui int&amp;eacute;ressait Riad. Ils l&amp;rsquo;intimidaient probablement plus qu&amp;rsquo;autre chose. Son &amp;eacute;cran &amp;eacute;tait en fait bien plus souvent fix&amp;eacute; sur la jeune domestique qu&amp;rsquo;ils tra&amp;icirc;naient avec eux. C&amp;rsquo;&amp;eacute;tait une jeune femme qui n&amp;rsquo;avait probablement pas encore vingt ans. Le teint blafard, elle &amp;eacute;tait excessivement maigre et portait toujours des t-shirts blancs trop grands pour elle qui lui arrivaient aux genoux, dont le collet immense lui faisait une sorte de d&amp;eacute;collet&amp;eacute; qu&amp;rsquo;elle devait continuellement replacer sur ses &amp;eacute;paules. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle marchait chaque jour p&amp;eacute;niblement derri&amp;egrave;re ses riches pourvoyeurs en trimbalant leurs valises, sacs et sacoches, tout en tentant d&amp;rsquo;&amp;eacute;viter autant que possible le contact du soleil qui avait d&amp;eacute;j&amp;agrave; laiss&amp;eacute; de larges plaques rouges sur sa poitrine presque translucide. Ses employeurs lui avaient lou&amp;eacute; une petite cabine &amp;agrave; part o&amp;ugrave; elle disparaissait rapidement &amp;agrave; la fin de la journ&amp;eacute;e. De l&amp;agrave;, elle passait ses soir&amp;eacute;es sur la galerie, prot&amp;eacute;g&amp;eacute;e par un parasol, buvant la bi&amp;egrave;re locale, &amp;agrave; regarder les l&amp;eacute;zards se quereller entre les planches de bois rose d&amp;eacute;lav&amp;eacute;. Elle lisait la plupart du temps un vieux livre rouge dont aucun d&amp;rsquo;entre nous ne parvenait &amp;agrave; lire le titre, Riad avait pourtant essay&amp;eacute; par tous les moyens. Elle allait tous les soirs se coucher vers dix heures et ressortait t&amp;ocirc;t le lendemain pour servir ses employeurs. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son visage encore un peu enfantin cachait ses traits sous un rouge &amp;agrave; l&amp;egrave;vres vif, ridicule et aguichant. Je me doutais que Riad la croyait fragile et douce. Surtout, accessible. Non pas qu&amp;rsquo;il fit le moindre mouvement pour l&amp;rsquo;approcher, mais il y pensait fr&amp;eacute;quemment, il m&amp;rsquo;avait m&amp;ecirc;me demand&amp;eacute; conseil une fois, je faillis manquer d&amp;rsquo;air &amp;agrave; force de rire. Une fois, il l&amp;rsquo;avait m&amp;ecirc;me crois&amp;eacute;e au march&amp;eacute; par inadvertance, elle lui avait souri, il m&amp;rsquo;avoua piteusement avoir fig&amp;eacute; comme un l&amp;acirc;che.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C&amp;rsquo;est au cinqui&amp;egrave;me jour depuis leur arriv&amp;eacute;e que Riad la perdit un instant de vue. Dans la cour de la maison voisine &amp;agrave; la sienne, un immense chat gris aux tendances suicidaires attaquait un chien errant au pelage roux et &amp;agrave; l&amp;rsquo;air malin qui, encaissant quelques marques sous l&amp;rsquo;effet de surprise, prit plus de deux minutes pour tuer l&amp;rsquo;importun qu&amp;rsquo;il d&amp;eacute;chiqueta plusieurs minutes apr&amp;egrave;s qu&amp;rsquo;il eut cess&amp;eacute; de bouger. Le chien claudiquait nerveusement vers la route et le sang s&amp;eacute;chait sur le sable quand Riad remonta son objectif sur la galerie de la domestique et ne put la retrouver. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour la premi&amp;egrave;re fois depuis qu&amp;rsquo;il l&amp;rsquo;avait vue elle &amp;eacute;tait sortie en soir&amp;eacute;e et il l&amp;rsquo;avait manqu&amp;eacute;e. Et si elle avait pris le chemin de la plage? Il me demanda, paniqu&amp;eacute;, de fouiller tout autour pour la retrouver. Je lui souris, l&amp;rsquo;automobile de location &amp;eacute;tait encore dans l&amp;rsquo;entr&amp;eacute;e, elle ne pouvait pas &amp;ecirc;tre bien loin. Elle devait seulement &amp;ecirc;tre rentr&amp;eacute;e dans la maison. Il soupira, son visage rayonnant, et d&amp;eacute;cida simplement de cadrer plus large et de lui donner le temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trente minutes plus tard, il allait d&amp;eacute;crocher et se diriger vers les nudistes quand elle ressortit en courant, une bouteille vide &amp;agrave; la main. Elle enjamba gracieusement les marches, courut nu-pieds sur la plage et lan&amp;ccedil;a ce qui fut un th&amp;eacute; glac&amp;eacute; &amp;agrave; la framboise avec une force surprenante. Nous ne s&amp;ucirc;mes jamais ce qu&amp;rsquo;elle avait cri&amp;eacute; lorsque son bras fut en pleine extension, mais elle rentra en souriant se reposer. Un sourire qu&amp;rsquo;elle perdit dans un instant de panique lorsqu&amp;rsquo;elle vit le vieux chien roux galeux et encore sanguinolent se jeter &amp;agrave; l&amp;rsquo;eau pour rapporter l&amp;rsquo;objet flottant. Heureusement, le ressac eut le dessus sur la b&amp;ecirc;te &amp;eacute;puis&amp;eacute;e qui rentra, piteuse, en recrachant difficilement l&amp;rsquo;eau sal&amp;eacute;e et sablonneuse de la plage occidentale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Riad, lui, ne perdit pas la bouteille des yeux. Il programma le satellite pour en grader la trace alors qu&amp;rsquo;elle d&amp;eacute;rivait d&amp;eacute;j&amp;agrave; vers le large. Je le regardai du coin de l&amp;rsquo;&amp;oelig;il, il semblait compl&amp;egrave;tement perdu. Il fixait l&amp;rsquo;&amp;eacute;cran sans concentration, les &amp;eacute;paules rejet&amp;eacute;es vers l&amp;rsquo;arri&amp;egrave;re. Je dois dire que j&amp;rsquo;&amp;eacute;tais aussi intrigu&amp;eacute;e, la r&amp;eacute;solution d&amp;rsquo;image ne permettait que de reconna&amp;icirc;tre le logo Nestl&amp;eacute;, sans plus, la bouteille, trop opaque, ballottait vivement dans les flots. Je m&amp;rsquo;imaginais Riad sid&amp;eacute;r&amp;eacute;. Elle venait de lancer un message au monde, peut-&amp;ecirc;tre un appel au secours, et il ne pouvait pas le lire. Qu&amp;rsquo;avait-elle &amp;eacute;crit? Une question, un message &amp;agrave; Dieu ou juste une petite pens&amp;eacute;e? Riad devait rep&amp;ecirc;cher ce message pour pouvoir, je suis s&amp;ucirc;re qu&amp;rsquo;il le voyait d&amp;eacute;j&amp;agrave;, revenir n&amp;eacute;gligemment vers la cabine de la jeune femme, les cheveux mouill&amp;eacute;s et un sourire timide aux l&amp;egrave;vres, lui souffler &amp;laquo; vous avez oubli&amp;eacute; quelque chose? &amp;raquo; Cette fois, il me le dit, il ne serait pas maladroit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui, il retrouverait ce th&amp;eacute; glac&amp;eacute; co&amp;ucirc;te que co&amp;ucirc;te.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant des jours, la bouteille d&amp;eacute;riva, affreusement lente, en suivant les courants erratiques qui entouraient les S&amp;eacute;rilles. Le lendemain de l&amp;rsquo;incident, il acheta un cahier de cuir rouge pour l&amp;rsquo;occasion et y &amp;eacute;crivit furieusement. Quelques jours apr&amp;egrave;s, lorsqu&amp;rsquo;il partit &amp;agrave; la toilette avant de rentrer chez lui, encourag&amp;eacute;e par la vieille de la comptabilit&amp;eacute;, je lui volai pour la nuit. Riad y avait inscrit tous les messages possibles, y projetant ses r&amp;ecirc;ves et ses craintes, jugeant les probabilit&amp;eacute;s. Il r&amp;eacute;fl&amp;eacute;chissait d&amp;eacute;sesp&amp;eacute;r&amp;eacute;ment &amp;agrave; la relation particuli&amp;egrave;re qui devait unir la ma&amp;icirc;tresse de maison, lesbienne d&amp;eacute;bauch&amp;eacute;e, et sa domestique, priant Dieu que leurs rapports ne fussent que professionnels tout en fantasmant sur l&amp;rsquo;inverse. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je rentrai t&amp;ocirc;t le lendemain pour reposer le carnet sur son bureau exactement l&amp;agrave; o&amp;ugrave; je l&amp;rsquo;avais pris. Il n&amp;rsquo;en fit aucun cas, seulement il  &amp;eacute;crit en langage cod&amp;eacute; depuis.  Au fil des jours, le papier flottant finissait son tour de l&amp;rsquo;&amp;icirc;le et s&amp;rsquo;approchait de plus en plus d&amp;rsquo;un courant qui ramenait sans cesse autant les carcasses de la mer que le bois mort des c&amp;ocirc;tes sur la plage de la villa. Riad versa m&amp;ecirc;me quelques larmes discr&amp;egrave;tes dans les toilettes, se croyant &amp;agrave; l&amp;rsquo;abri de la vue de ses coll&amp;egrave;gues, alors que nous le regardions tous sur &amp;eacute;cran depuis le bureau de la s&amp;eacute;curit&amp;eacute;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C&amp;rsquo;est donc aujourd&amp;rsquo;hui qu&amp;rsquo;il vit sur son &amp;eacute;cran la bouteille s&amp;rsquo;&amp;eacute;chouer sur la m&amp;ecirc;me plage d&amp;rsquo;o&amp;ugrave; elle avait &amp;eacute;t&amp;eacute; lanc&amp;eacute;e avec tant de passion. Tout de suite il nous dit avoir oubli&amp;eacute; un rendez-vous important chez le dentiste et il sortit en courant de l&amp;rsquo;&amp;eacute;difice, sauta sur sa mobylette et partit. Nous e&amp;ucirc;mes tous un air complice, puis nous braqu&amp;egrave;rent nos &amp;eacute;crans sur lui. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il p&amp;eacute;dala &amp;agrave; toute allure depuis l&amp;rsquo;&amp;eacute;difice central jusqu&amp;rsquo;aux portes de la ville, passant rapidement devant de nombreux pi&amp;eacute;tons qui se surprirent de voir cet idiot du village faire les choses avec pr&amp;eacute;cipitations pour la premi&amp;egrave;re fois de sa vie. Il ne s&amp;rsquo;arr&amp;ecirc;ta m&amp;ecirc;me pas pour acheter des croustilles &amp;agrave; l&amp;rsquo;&amp;eacute;picerie Ahmed comme il le faisait d&amp;rsquo;habitude tous les soirs. Il passa &amp;agrave; c&amp;ocirc;t&amp;eacute; des enfants de la grosse Italienne qui essay&amp;egrave;rent sans succ&amp;egrave;s de botter le ballon de foot dans ses roues. Les scooters Italiana et les garages aux portes de t&amp;ocirc;le firent lentement place aux Porches et aux h&amp;ocirc;tels &amp;agrave; vingt &amp;eacute;tages. Il quitta la rue principale pour longer la mer, les Range Roovers et les villas espac&amp;eacute;es. Les haies laissant parfois deviner l&amp;rsquo;horizon &amp;laquo; de feu &amp;raquo; que l&amp;rsquo;on ventait tant dans les brochures. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il passa finalement en trombe sur le chemin de terre &amp;agrave; c&amp;ocirc;t&amp;eacute; de la cabine et d&amp;eacute;boula sur la plage, son engin allant se perdre dans l&amp;rsquo;eau qui l&amp;rsquo;engloutit rapidement, pour le recracher, mort, mais propre, sur le sable. Il courut partout et chercha d&amp;eacute;sesp&amp;eacute;r&amp;eacute;ment l&amp;rsquo;insigne Nestl&amp;eacute; probablement dissip&amp;eacute; par les flots. Nous ret&amp;icirc;nmes tous notre souffle. Dix minutes plus tard, il s&amp;rsquo;effondra, sans comprendre. Il avait pourtant vu sur son moniteur la bouteille s&amp;rsquo;accrocher dans un tas d&amp;rsquo;algues et de bois mort dont elle ne pourrait jamais se d&amp;eacute;prendre naturellement, du moins pas avant quelques jours. Nous &amp;eacute;tions tous silencieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se retourna soudainement, regardant vers la route, puis bondit en avant. Dans la cour voisine, le m&amp;ecirc;me chien galeux qui s&amp;rsquo;&amp;eacute;tait alors pr&amp;eacute;cipit&amp;eacute; pour rapporter la bouteille quelques jours plus t&amp;ocirc;t la tenait maintenant fermement entre ses crocs. Il d&amp;eacute;fendait sa trouvaille devant une meute h&amp;eacute;t&amp;eacute;roclite d&amp;rsquo;autres b&amp;ecirc;tes excit&amp;eacute;es. Riad se pr&amp;eacute;cipita &amp;agrave; quatre pattes sur l&amp;rsquo;animal. Le sable agglutin&amp;eacute; sur ses v&amp;ecirc;tements se prenait dans ses cheveux, lui tombait entre les cuisses, le long de ses bras. Cela donna lieu &amp;agrave; un combat &amp;eacute;pique dont le reste de la meute devint spectateur enthousiaste. Riad r&amp;eacute;ussit, non sans heurt, &amp;agrave; soutirer au chien sa baveuse d&amp;eacute;couverte et, les doigts tremblants, l&amp;rsquo;esprit bourr&amp;eacute; d&amp;rsquo;adr&amp;eacute;naline, il en sortit un petit rouleau de papier d&amp;eacute;tremp&amp;eacute; qui ressemblait plus &amp;agrave; une algue qu&amp;rsquo;autre chose. Il renversa la bouteille, bouche ouverte. Un long jet d&amp;rsquo;eau noir&amp;acirc;tre lui tomba sur les pieds.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne sus jamais vraiment ce qu&amp;rsquo;il a cri&amp;eacute; en se pr&amp;eacute;cipitant sur la porte patio de la cabine, mais de toute fa&amp;ccedil;on son occupante &amp;eacute;tait repartie la veille avec ses employeurs, trimbalant maladroitement leurs valises, sacs et sacoches. Plusieurs rirent.&lt;br /&gt;&amp;nbsp;</description>
  <comments>http://chienspasmorts.livejournal.com/13302.html</comments>
  <lj:music>Dan Deacon - Padding Ghost</lj:music>
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  <pubDate>Fri, 08 May 2009 04:14:01 GMT</pubDate>
  <title>Vieux fonds de placards</title>
  <link>http://chienspasmorts.livejournal.com/13032.html</link>
  <description>Du vieux stock, mes préférés:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://s604.photobucket.com/albums/tt122/charlesalavallee/?action=view&amp;amp;current=SansAbriCouleurs.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://i604.photobucket.com/albums/tt122/charlesalavallee/SansAbriCouleurs.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://s604.photobucket.com/albums/tt122/charlesalavallee/?action=view&amp;amp;current=OhAhHey.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://i604.photobucket.com/albums/tt122/charlesalavallee/OhAhHey.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://s604.photobucket.com/albums/tt122/charlesalavallee/?action=view&amp;amp;current=Iwish.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://i604.photobucket.com/albums/tt122/charlesalavallee/Iwish.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;</description>
  <comments>http://chienspasmorts.livejournal.com/13032.html</comments>
  <lj:music>Jason Lytle - Brand New Sun</lj:music>
  <media:title type="plain">Jason Lytle - Brand New Sun</media:title>
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  <pubDate>Tue, 05 May 2009 06:47:01 GMT</pubDate>
  <title>Le robot</title>
  <link>http://chienspasmorts.livejournal.com/12553.html</link>
  <description>&lt;a href=&quot;http://s604.photobucket.com/albums/tt122/charlesalavallee/?action=view&amp;amp;current=Robot.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://i604.photobucket.com/albums/tt122/charlesalavallee/Robot.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ben oui, ben oui.</description>
  <comments>http://chienspasmorts.livejournal.com/12553.html</comments>
  <lj:music>The Good, The Bad and the Queen - Green Fields</lj:music>
  <media:title type="plain">The Good, The Bad and the Queen - Green Fields</media:title>
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  <pubDate>Sun, 03 May 2009 05:18:04 GMT</pubDate>
  <title>Dans la jungle</title>
  <link>http://chienspasmorts.livejournal.com/12318.html</link>
  <description>Je me relèverai dans la jungle et tout sera parfait. Les insectes voletteront tout autour et les vers grouilleront dans le sol. Tout autour, du vert, des lianes et d’immenses troncs d’arbres. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me tiendrai dans la jungle sans souliers ni bas et le lichen me passera entre les orteils. Il fera chaud et si humide que mon dos sera tout trempe. Je boirai du jus de coco et mangerai des fruits exotiques. Je me tiendrai les yeux fiévreux et je crierai autant que je le voudrai. Les mâles qui crient dans une forêt sont entendus de toutes les femelles du monde. Dans la jungle je sauterai d’arbre en arbre, je me branlerai dans la noirceur. Là je prendrai fièrement ma machette et je couperai des plantes multicolores pour me frayer un passage vers le grand ruisseau. Quand j’y serai, je plongerai mes mains dans l’eau boueuse et les poissons viendront me chatouiller les doigts. J’y plongerai et l’eau m’arrivera aux tétons. Je rirai si fort, si fort que les pierres riront avec moi, c’est contagieux. Je remonterai le courant doucement dans la nuit et mon chandail sera tout beau sur ma peau. Arrivé devant la chute d’eau, je m’y doucherai et les gouttelettes éclabousseront les buissons. Là je boirai à la source, j’avalerai le ruisseau et le pisserai en bonne fontaine. Tous les oiseaux de la jungle s’abreuveront à mon jet et le monde le saura. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis je me laisserai porter par le courant, je ferai la planche, je m’endormirai et toute la nuit je descendrai le ruisseau comme ça, tout doucement. Les petits singes rouges sauteront d’une rive à l’autre grâce à mon ventre. Le ruisseau me conduira à la rivière et elle au fleuve. Là tout ira très vite, les rives deviendront confuses et au petit matin je serai précipité vers le soleil à cent miles à l’heure, et quand il sera complètement levé j’arriverai à une immense chute d’où s’élèvera tant de brume que tout sera arc en ciel. Là je serai propulsé très très loin vers l’horizon tout rose. Le temps s’arrêtera avec mon souffle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est là que je prendrai mon envol. Je serai un oiseau bleu jaune et rouge et j’éviterai toute l’eau et je survolerai le grand lac. Les poissons monstres sauteront tous pour m’attraper. Aucun ne me touchera. Je serai si haut et je rejoindrai un nuage de chauves-souris blanches qui m’entoureront comme un grand banc de poissons. Je les suivrai très haut au soleil et puis elles partiront dans leur cave. Je me poserai à l’entrée et leur ferais de grands aux revoirs. Je replongerai ensuite entre les arbres. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la jungle je verrai un grand tigre touffu dont les yeux brilleront au matin. Je l’apprivoiserai en tuant deux perroquets blancs, je lui en lancerai un et je dégagerai la gorge de l’autre. Je l’approcherai de ma gueule et toucherai les légères plumes du bout de la langue. Là, je mordrai dedans à pleines dents, je sentirai la peau résister, puis s’ouvrir en éclatant d’un coup, le sang chaud m’emplira la bouche et tout sera velouté. Je craquerai longtemps les os dans le fond de ma bouche en hochant heureusement de la tête. Le tigre aura déjà fini et hochera lui aussi la tête en approbation, la mâchoire tout ensanglantée, plumes prises entre les dents. Il se couchera à côté de moi, fermera les yeux et ronronnera si fort que tous les singes viendront lui lécher les oreilles. Dans la jungle je me coucherai en boule à côté de lui et me réchaufferai les fesses sur son dos. Nous dormirons heureux tout l’avant-midi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ensuite nous irons boire au ruisseau en mangeant des sushis tout frais. Nous serons rassasiés et je monterai sur ses épaules et il sera immense. Nous parcourrons la jungle en entier, j’éviterai habilement toutes les branches, toutes les lianes, et nous arriverons à la limite des arbres au soir. Là je descendrai et nous irons chasser la gazelle dans la savane qui s’étendra devant nous. Nous courrons dans les grandes herbes. Nous n’en tuerons qu’une et il faudra se battre pour décider qui la mangera toute crue. Je le tuerai de mes mains en lui ouvrant le ventre avec une branche. Je couperai sa tête, mangerai sa cervelle et porterai son crâne sur mes cheveux. Je me sculpterai une arme avec ses os et dépècerai la gazelle avec. Je prendrai la peau pour m’en faire une couverture et je la mangerai en partant du bas. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je crierai si fort de joie que toutes les femmes du monde m’entendront et dans la savane viendra me rejoindre une belle jeune fille aux seins comme des petites oranges sanguines. Elle sera nue et je la dégusterai aussi. Elle me sourira et nous fourrerons dans les hautes herbes. Elle me léchera tout le cou. Je sentirai ses canines sur mes oreilles, sur mon nez et mon gland. Elle me suivra dans la jungle. Nous irons pisser dans l’eau. Nous irons chanter dans la caverne. Nous nous élancerons de liane en liane et mangerons tous les champignons colorés. Elle sentira tant la viande et les fruits exotiques que je ne pourrai résister longtemps. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle me fera des enfants que j’égorgerai dans la chute d’eau pour colorer la forêt. Elle me criera d’arrêter et je rirai si fort que tous les macaques aux alentours se moqueront d’elle avec moi. Elle courra m’arrêter et je lui planterai mon arme entre les seins. Elle sentira si bon la viande et les fruits que je la dévorerai. Je serai heureux. J’offrirai sa chair à tous les animaux et ce sera un grand banquet où le feu régnera. Je jouerai de la musique avec ses os et tous les animaux danseront aussi. Les oiseaux s’occuperont des mélodies et les grands singes des basses. Nous danserons sous les étoiles toute la nuit tant sa chair sera bonne et nutritive. D&apos;abord, les insectes, puis les mammifères, puis les reptiles entameront le refrain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chooka chooka hoo la ley !&lt;br /&gt;Looka looka koo la ley !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis le feu brûlera si fort qu’il vaincra la jungle humide et tout emportera. Le vent se lèvera. Les petits oiseaux multicolores tomberont par centaines. Les lézards sècheront. Les animaux rôtiront si vite qu’ils n’auront pas le temps de sentir la bonne cuisson. Les poissons remonteront, inertes, à la surface, le ruisseau puis la rivière puis le fleuve deviendront des voies d’argent luisant qui reflétera les flammes si fort que j’en perdrai la vue. Le torrent d’air aspiré par les flammes asphyxiera les insectes et me propulsera haut au-dessus du brasier. Les arbres noirciront, les lianes se crisperont et au second mâtin tout sera cendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me joindrai aux hyènes.</description>
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  <lj:music>Electric Light Orchestra - Jungle</lj:music>
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  <pubDate>Wed, 29 Apr 2009 02:07:04 GMT</pubDate>
  <title>Le Beau Père</title>
  <link>http://chienspasmorts.livejournal.com/12121.html</link>
  <description>Eh oui, deux par jour!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://s604.photobucket.com/albums/tt122/charlesalavallee/?action=view&amp;amp;current=Beaupere.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://i604.photobucket.com/albums/tt122/charlesalavallee/Beaupere.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;</description>
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  <lj:music>Jean Leloup - Laisse-moi</lj:music>
  <media:title type="plain">Jean Leloup - Laisse-moi</media:title>
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  <pubDate>Tue, 28 Apr 2009 02:18:05 GMT</pubDate>
  <title>Grand Ménage</title>
  <link>http://chienspasmorts.livejournal.com/11751.html</link>
  <description>J&apos;ai tout effacé! Oui oui! Dorénavant, que du français, que de l&apos;Aaaaaaaaaarrrrrrtttt! Avec un grous A.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oh! Qu&apos;est-cela? Des bédés!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://s604.photobucket.com/albums/tt122/charlesalavallee/?action=view&amp;amp;current=Sexysemiotique.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://i604.photobucket.com/albums/tt122/charlesalavallee/Sexysemiotique.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://s604.photobucket.com/albums/tt122/charlesalavallee/?action=view&amp;amp;current=Doigt.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://i604.photobucket.com/albums/tt122/charlesalavallee/Doigt.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;</description>
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  <lj:music>Al Green - Oh Me, Oh My (Dreams In My Arms)</lj:music>
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  <pubDate>Sat, 10 Jan 2009 03:23:33 GMT</pubDate>
  <title>Une courte histoire d&apos;été</title>
  <link>http://chienspasmorts.livejournal.com/10959.html</link>
  <description>Il s’agit en réalité d’un phénomène courant et très bien documenté. Pour le lecteur curieux, le plus fameux scientifique à avoir fait paraître ses travaux sur la chose est un certain Roberto Ariano, dont le chef d’œuvre, Glitches and Bugs in Reality : The Imperfect Creationism Theory, est reconnu comme le livre le plus exhaustif sur le sujet. Malheureusement, en raison de certains malentendus dont nous éviterons les détails, le livre ne fut pas traduit en français et nous sommes présentement incapables de vous y référer si vous ne lisez point l’anglais. Il est malgré tout certain que ce qui m’est arrivé le six juillet de l’an mille neuf cent quatre-vingt-quinze ne relève pas de l’improbable ni même de l’inconnu. Je tiens à ce que cela soit clair, afin qu’on ne puisse pas penser qu’il s’agit ici d’une fabulation quelconque ou bien du récit délirant d’un aliéné ayant perdu sa raison. Il s’agit par contre en effet du récit d’un homme s’étant fait exclure de la réalité : moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, mieux vaudrait utiliser une analogie imparfaite, mais efficace, qui vous permettra, je l’espère, de mieux saisir mon cas. Je suis à peu près certain qu’il vous est déjà arrivé de ronger vos ongles pour quelque raison que ce soit. Il s’agit d’utiliser ses dents pour faire une petite incision sur un des côtés de l’excroissance soudainement indésirable, puis de tirer doucement sur celle-ci tout en guidant à coups d’incisives le parcours de la cassure jusqu’à l’autre côté pour en détacher au final un petit croissant net que l’on peut grignoter par la suite. Le résultat escompté est un arc lisse et propre au bout du doigt qui n’offrira pas de points faibles qui deviendraient des nuisances potentielles. Malheureusement, il arrive parfois que, souvent dû à un geste trop hâtif, l’on arrache l’ongle sans guider adéquatement la trajectoire de la coupure et qu’elle devienne trop profonde, exposant de la sorte une partie du doigt normalement protégée par la couverture salvatrice du plateau rosâtre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est exactement ce qui m’est arrivé, mais l’ongle, c’était la réalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name=&quot;cutid1&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis ma petite enfance, j’entretiens une prédisposition innée pour la dissection, sans discrimination. À six ans je cassais l’échine des livres de la bibliothèque, à huit ans j’ouvrais mes stylos mécaniques pour en goûter l’encre, à dix ans je démantelais (au grand désespoir de mon père) tous les appareils électroniques et j’arrachais toujours l’écorce des bouleaux au chalet de mes grands-parents. D’ailleurs, ce n’est pas tant par cruauté, mais par structuralisme que j’ouvris à l’âge de onze ans le ventre d’un chat malade que je trouvai dans la ruelle d’en arrière. L’expérience, qui selon moi devrait faire partie du développement intellectuel de tout enfant possédant une saine curiosité des choses naturelles, fut tout à fait passionnante et instructive. Je m’émerveillais d’avoir enfin accès aux mécanismes internes, aux structures. Je jouai longtemps à enlever morceau par morceau chacun des organes, les endommageant le moins possible, à l’aide du petit couteau suisse que j’avais reçu pour ma fête un mois plus tôt. Je fus néanmoins énervé par la quantité sidérante de sang qui s’échappa de la carcasse, bloquant ma vue et engourdissant les opérations, le tout devenant de plus en plus glissant et indiscret. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De même, je fus une année durant fasciné par le squelette humain de plâtre qui me fixait tout au long de mon premier cours de biologie. Il fut le seul de toute mon adolescence à vraiment me regarder dans les yeux. Je le dessinai des centaines de fois dans les marges de mes cahiers. Je pris plus tard de nombreuses classes de dessin anatomique pour tenter de retrouver cette complicité qui s’était formée entre nous avec les modèles qui me semblaient toujours trop gras, emplis de chair inutile. Je fus toujours attiré par les jeunes filles aux tendances anorexiques, j’aimais saisir leurs côtes saillantes et la pénétration m’apparaissant comme ce jouissif premier coup de scalpel qui permet de vraiment saisir l’objet d’étude. Je développai aussi une expertise artistique unique depuis cette passion qui me permit sinon de bien vivre, du moins d’exposer certaines œuvres et de publier de temps à autre. Je pris aussi (et c’est ce qui me conduisit à ma perte) l’habitude nonchalante de dégarnir toute feuille d’arbre à portée de bras pour me désennuyer. Tranquilement, segment par segment, je séparais le limbe de la tige, goûtant au doux plaisir de sentir le tissu s’arracher nettement sous mes doigts pour ne laisser à la fin que la charpente de la feuille. Les érables m’étaient particulièrement sympathiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En ce six juillet particulier, j’effectuai comme tous les jours précédents ce geste mécanique, assis tranquillement sur un banc public en attendant l’autobus.  Je saisis avec légèreté une nouvelle victime, sans trop y penser, en enfonçai mon ongle dans la tige au bout de la feuille. J’eus soudain la sensation de quelque chose d’à la fois merveilleux et indescriptible, de quelque chose qui était surtout extrêmement précieux. Je regardai, étonné, mon œuvre. Mes sens ne me trompaient pas. J’avais réussi une coupure parfaite. Il était visible que la tige allait se dégager d’elle-même, comme une robe qui tombe doucement dès le premier nœud défait. Je tirai le limbe avec, je l’avoue, beaucoup d’empressement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je fus d’abord surpris de voir non pas le tissu végétal, mais la tige elle-même se séparer proprement en longueur, puis vinrent la branche, l’arbre, le sol et l’horizon. Je vis donc le monde s’ouvrir sous mes pieds, devant et derrière moi, pour m’engouffrer dans cet espace impossible qu’il y a là où le réel n’est pas. La rue était proprement divisée et séparée en profondeur par une fosse de plusieurs mètres. Je pouvais voir, en baissant le regard, les couches successives d’asphalte, de terre et de roche. Là où l’horizon était séparé, ce n’était ni blanc ni noir, mais une sorte de vide que mon œil ne parvenait pas à saisir, sur lesquels mon regard glissait continuellement. Le temps s’était arrêté et je flottais, éberlué, dans quelque chose que je ne comprenais pas. J’étais horrifié, devant moi se tenait un homme séparé en deux, une moitié sur chaque rive, et je pouvais voir l’intérieur tout comme dans les manuels de biologie humaine. Ma vue s’embrouilla. Cela ne fit pas mal, je restai seulement hébété, sidéré, sans dire un mot, durant le bref instant où les choses restèrent suspendues dans l’incertitude. Il me semblait que l’univers entier était sur le bord de l’éclatement total, qu’un simple souffle dans une direction pouvait faire éclater définitivement tout ce qui est.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aussi soudainement, les choses se recollèrent. Depuis l’horizon, comme une immense fermeture éclair, le bleu du ciel, que j’avais toujours cru homogène, reprit sa place légitime, les nuages reprirent leurs formes évocatrices familières et le soleil redevint borgne. C’est avec soulagement que je vis se ressouder à toute allure la rue, les automobiles, leurs chauffeurs, l’herbe et finalement l’arbre, la branche et la feuille. Je poussai un grand soupir : j’étais allé trop loin. Je regardai à terre, question de vérifier que mes pieds s’appuyaient bien sur l’herbe amie, que le sol était là où il m’avait toujours offert son inconditionnel soutien. Je regardai et regardai, il était effectivement bien présent : une immense racine s’était refermée sur mes genoux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, de même que certains mathématiciens utilisent des nombres impossibles comme la racine carrée de moins un, je me trouvai pris dans cet endroit qui doit logiquement être annulé en cours d’opération pour assurer le bon fonctionnement de l’univers. J’avais, je le sais maintenant, divisé l’indivisible. Non les atomes, qui sont au fond clairement composés eux aussi de structures propres et séparées à l’infini, mais bien la réalité elle-même. D’un coup d’ongle, ce que j’avais coupé n’était pas un seul élément, mais l’ensemble et chacune des parties qui le constituent, le tout&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’écris cette chronique bien après les événements relatés jusqu’ici, et elle serait définitivement incomplète si je ne racontais pas ce qui se passa par la suite, aussi difficile que cela puisse être pour moi. Il faut le dire : je n’étais plus de ce monde. J’y errais, fantomatique, sans limites et sans impact. J’étais invisible, inaudible et immatériel. Si les premiers jours passèrent dans une panique dont je ne retiens aujourd’hui qu’un vague souvenir, je finis éventuellement par m’adapter aux possibilités offertes, du moins durant les premières années. Je profitai de mon état pour voir et espionner le monde, me glissant de nombreuses fois dans les endroits les mieux gardés, écoutant les meetings les plus secrets du Pentagone, analysant les formes de vie nouvelle qui germèrent péniblement à la suite des radiations nucléaires qui frappèrent les Balcans. Ces activités se révélèrent pourtant toutes assez fades : je ne pouvais ni crier « bou! » à l’exécutif militaire, ni vraiment disséquer les coquerelles de Sarajevo. Sexuellement, je me retrouvai face au même problème, relégué à une expérience voyeurisme perpétuelle. Je me glissai d’innombrables fois dans la douche de jeunes filles se masturbant ou dans des chambres privées où elles s’adonnaient aux plus spectaculaires ébats, mais il m’était impossible de provoquer un quelconque frisson sur leur peau, ni de sentir leurs corps contre le mien. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le cinéma était devenu mon seul divertissement possible. Je passai des centaines d’heures dans les salles noires à croire, le temps d’une histoire, que j’étais comme les autres assis dans leurs sièges.  La lecture m’était rendue pénible du fait que je ne pouvais ni sortir le livre de la bibliothèque, ni en tourner les pages, ce qui ralentit sérieusement mes recherches. Même chose pour la musique, je ne pouvais jamais changer de disque, je désespérerais d’entendre une seule des pièces qui m’avaient été si familières durant ma jeunesse. J’étais prisonnier de mon état et les ouvrages disponibles qui auraient pu m’instruire quant à ma situation pendaient perpétuellement au bout du nez, provocant et désespérant, dans les rayons des librairies universitaires. J’essayai de me suicider, sans succès, quoique l’image d’un métro passant à toute vitesse à travers soi est époustouflante. Désespéré, j’allai voir voyantes et médiums de tous genres sans résultats, j’étais exclu de la réalité, elle ne m’acceptait plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n’est que deux cents ans plus tard que je trouvai en Orégon une jeune étudiante qui travaillait à partir des travaux du docteur Ariano mentionné plus tôt pour trouver un moyen d’ouvrir un passage vers l’impossible dans lequel je résidais. Grande et rousse, Kimberly avait des traits irlandais prononcés et une attitude caustique qui me séduit dès les premiers jours. Je l’aperçus pour la première fois dans un séminaire sur l’effet tunnel en physique postnucléaire à l’Université de Portland auquel j’avais assisté en désespoir de cause. Elle fut la première à s’objecter du peu de sérieux des études présentées, puis, excédée, elle sortit du local et décompressa dans les toilettes. J’en devins amoureux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que je la regardais travailler nuit et jour, il me sembla de plus en plus clair qu’elle savait que j’étais là, prisonnier sans ombre, la suppliant d’ouvrir le portail vers la réalité qui me permettrait de la rejoindre sous les draps. Je la priais chaque heure, chaque minute, l’encourageant, lui soufflant mon amour à l’oreille la nuit. Elle allait me libérer pour m’offrir tout ce que ses nombreuses caresses solitaires promettaient et bien plus encore. Toute l’année qui suivit, je fus son ombre. J’étais obsédé, jaloux de tous les hommes et femmes qui l’approchaient. Et chaque fois, elle chassait autant mon angoisse que son prétendant de quelques mots aimables, mais secs et indiscutables. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ses travaux avançaient bien et elle écrivait de plus en plus. C’est en lisant par dessus son épaule que j’appris tout ce dont je vous ai parlé plus haut. Elle descendit lentement des sources universitaires aux auteurs moins sceptiques qui forment la communauté des études occultes, elle aussi de plus en plus hantée par cette idée fixe : peut-on ouvrir les portes de l’impossible?  Je ne vis jamais ses parents, c’est à peine si elle leur répondait au téléphone. Elle sortait peu et du moment où ses amis lui faisaient part de leurs inquiétudes quant à sa santé, elle coupait le contact, elle n’était fidèle qu’à moi. Plus les semaines passaient, plus elle devenait sexuée, elle se masturbait presque quotidiennement. Souvent, elle ne travaillait qu’en t-shirt, sans pantalons ni sous-vêtements, ou bien complètement nue, écrivant ou lisant d’une seule main. Elle mangeait moins, sa peau blanchissait. J’étais moi aussi fervent et confus, elle était devenue une sainte à mes yeux, pure et dévouée à ma cause, m’offrant volontiers le spectacle de son corps en attendant que je puisse la rejoindre. Elle murmurait continuellement un discours décousu, répétant sans cesse que « tout est dans le geste. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un matin de juillet, alors qu’elle avait étudié frénétiquement toute la nuit, Kimberly arrêta soudain d’écrire, glissa dans sa chambre et cria très fort à la fenêtre un long hurlement presque animal. Une heure plus tard, elle s’habilla et sortit en trombe, pestant comme quoi c’était au fond si simple et si stupide. J’étais surexcité, avait-elle finalement trouvé un moyen de me sortir de ma peine, de me réintégrer? Elle prit l’autobus dont le trajet me sembla interminable, puis s’arrêta devant un petit parc au centre-ville au milieu duquel s’élevait une quelconque statue de bronze. Elle s’accroupit lentement au centre du square qui donnait une vue splendide sur une rue commerciale où peu de piétons daignaient s’aventurer à cette heure. Elle prit délicatement un des brins d’herbe devant ses pieds et glissa l’ongle de son pouce tout au long de son échine, laissant l’humidité faire une goutte d’eau qui glissa sous son doigt. Puis, elle enfonça son pouce et, avec le même visage de bonheur béat que je lui avais si souvent vu les jours précédents, tira doucement de chaque côté. Je faillis vomir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La brindille, puis la roche, puis le sol et la rue et le ciel se séparèrent comme la fois précédente et je la vis telle qu’elle était : riant trop fort, décharnée, les côtes et la mâchoire saillantes, elle était cernée et avait les yeux ensanglantés. Je suis certain qu’elle me vit elle aussi, elle cria puis s’arrêta. Encore une fois, le temps se suspendit. Encore une fois, j’arrêtai de respirer. Je dois confesser qu’en ce moment, plus rien n’importait que de rentrer finalement dans le réel, de ne plus être cette donnée aberrante que l’univers rejetait avec tant de force. La réalité commençait déjà à reprendre sa place à l’horizon rosâtre. Je courus vers les bords du réel, vers la terre ferme à ma droite. Je courus, déposai mon pied sur l’herbe et passai tout droit à travers la statue de bronze, émergeant de l’autre côté avec une fougère à travers le ventre. C’était un sens unique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle? Un arrêt cardiaque, à ma vue peut-être, avant que la terre ne se referme sur ses cuisses. Moi? J’écris ceci dans l’air, comme ça, avec mon ongle, et j’espère vaguement que tout éclatera sur la barre d’un T</description>
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  <lj:music>Titus Andronicus - Josef of Nazareth Blues</lj:music>
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  <pubDate>Tue, 09 Dec 2008 04:59:04 GMT</pubDate>
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  <description>Game over, Super Mario.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu ne me manqueras pas.</description>
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  <lj:music>Green Day - Good Riddance (Time of Your Life)</lj:music>
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  <pubDate>Wed, 22 Oct 2008 05:03:24 GMT</pubDate>
  <title>Moar!</title>
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  <description>&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=Cinq.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/Cinq.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=Huit.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/Huit.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name=&quot;cutid1&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=Deux.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/Deux.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=Dix-Huit.jpg&quot; 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  <pubDate>Wed, 03 Sep 2008 20:44:04 GMT</pubDate>
  <title>Ah là là le Mexique</title>
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  <description>De retour avec des petits dessins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=Mex1.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/Mex1.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=Mex10.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/Mex10.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name=&quot;cutid1&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=Mex11.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/Mex11.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=MEX2.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/MEX2.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=mex3.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/mex3.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=Mex8.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/Mex8.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=Mex9.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/Mex9.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;</description>
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  <lj:music>m83 - Couleurs</lj:music>
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  <pubDate>Wed, 06 Aug 2008 22:06:50 GMT</pubDate>
  <title>Awesome things!</title>
  <link>http://chienspasmorts.livejournal.com/8211.html</link>
  <description>Tout plein de choses!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name=&quot;cutid1&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://smallvictories.files.wordpress.com/2007/12/extremely-loud-incredibly-close.jpg&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://images.barnesandnoble.com/images/14730000/14734456.JPG&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://www.fantasticfiction.co.uk/images/n3/n16781.jpg&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://ecx.images-amazon.com/images/I/515V9271XAL._SL500_AA240_.jpg&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://ecx.images-amazon.com/images/I/31QYM1FF7HL._SL500_AA240_.jpg&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://www.overlookconnection.com/images/FablesLegendsCOM.JPG&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://farm1.static.flickr.com/80/241763383_da6528e8cc.jpg&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://codamon.com/wp-content/uploads/2008/02/p3fes_basic.jpg&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://www.fantasticfiction.co.uk/images/n0/n830.jpg&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://www.urb.com/uploads/reviews/cd_reviews/No_Age_Nouns_Sub_Pop.jpg&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://www.megmontreal.com/francais/newsletter/imagenews1generale.jpg&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://farm4.static.flickr.com/3248/2710084287_b362e8bd07.jpg&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://www.destination360.com/north-america/mexico/images/s/mexico-city-s.jpg&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://soundoasis.altervista.org/fender%20blues%20junior.jpg&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://www.apoplecticpress.org/guitarfull.gif&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://www.popcultureshock.com/wp-content/uploads/manga/tekkonkinkreet.jpg&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://www.lambiek.net/artists/f/fred/fred_philemon.jpg&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://apwfestival.com/images/mainPoster.jpg&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://www.dvdrama.com/imagescrit/dark_knight_joker.jpg&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://static.rateyourmusic.com/album_images/549320.jpg&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://www.coinbd.com/images/couvertures/20050623235339_t1.jpeg&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://www.absinth-oase.de/media/images/havana7-1_big.jpg&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://www.outsports.com/podcast/soccer%20ball.jpg&quot; /&gt;</description>
  <comments>http://chienspasmorts.livejournal.com/8211.html</comments>
  <lj:music>The Avalanches - Since I Left You</lj:music>
  <media:title type="plain">The Avalanches - Since I Left You</media:title>
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  <pubDate>Sat, 05 Jul 2008 03:04:42 GMT</pubDate>
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  <description>Je pars au loin une semaine durant, non! ne me pleurez point.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Allez allez laissez tout sorir au fond, ça fait du bien. Comme dit l&apos;autre, toutes les excrétions sont bénéfiques!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J&apos;écoute le dernier d&apos;Albert Hammond Junior, il est pas mal mais je sais pas si je vais y retourner. Ces temps-ci c&apos;est beaucoup de Tokyo Police Club que j&apos;écoute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je lis du Jules Verne et je ne parviens pas à finir ni Conrad, ni Mishima, ni Flaubert. Voyons si l&apos;air marin va changer les choses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon il faut que j&apos;aie faire mes bagages. Je vous laisse avec un vieux vidéo de Malajube acoustique:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://www.bandeapart.fm/concerts/concertsplayliste.asp?id=458&amp;av=video&quot;&gt;http://www.bandeapart.fm/concerts/concertsplayliste.asp?id=458&amp;av=video&lt;/a&gt;</description>
  <comments>http://chienspasmorts.livejournal.com/6996.html</comments>
  <lj:music>Land Of Talk - Young Bridges</lj:music>
  <media:title type="plain">Land Of Talk - Young Bridges</media:title>
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  <pubDate>Mon, 30 Jun 2008 00:15:39 GMT</pubDate>
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  <description>Goddamn those Pixar guys know how to make some great animation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anyway, this is totally ego-tripping isn&apos;t it?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Go read Fables and Nausicaä and Tank Girl and all things that I like!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Yay yay yay.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il fait beau à Montréal et je pars pour le Bas-Saint-Laurent la semaine prochaine, puis les Estados Unidos en aout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Allez en paix.</description>
  <comments>http://chienspasmorts.livejournal.com/6674.html</comments>
  <lj:music>Pretty Girls Make Graves - The Teeth Collector</lj:music>
  <media:title type="plain">Pretty Girls Make Graves - The Teeth Collector</media:title>
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  <pubDate>Sat, 14 Jun 2008 02:29:43 GMT</pubDate>
  <title>Oui oui l&apos;heure avance à sa manière</title>
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  <description>&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=7-1.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/7-1.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;</description>
  <comments>http://chienspasmorts.livejournal.com/6593.html</comments>
  <lj:music>Karkwa - Échapper au sort</lj:music>
  <media:title type="plain">Karkwa - Échapper au sort</media:title>
  <lj:mood>Aqueuse</lj:mood>
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  <pubDate>Thu, 05 Jun 2008 17:54:22 GMT</pubDate>
  <title>A very important message</title>
  <link>http://chienspasmorts.livejournal.com/6008.html</link>
  <description>&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=8.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/8.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Allez allez t&apos;es capable ma grande.</description>
  <comments>http://chienspasmorts.livejournal.com/6008.html</comments>
  <lj:music>The Offspring - Pretty Fly</lj:music>
  <media:title type="plain">The Offspring - Pretty Fly</media:title>
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  <pubDate>Tue, 03 Jun 2008 19:54:34 GMT</pubDate>
  <title>Smashing Pumpkins et les étoiles</title>
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  <description>Il y a de ces albums qu&apos;on identifie à des lieux mystiques ou pas, des plages imaginaires d&apos;époques précises sans trop le savoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J&apos;écoutais dernièrement le dernier album de No Age, Nouns, qui d&apos;un point de vue strictement technique se trouve entre Fuck Buttons, DFA et Animal Collective. Mais cet album, à travers et grâce au son gricheux qui en sort entre dans une classe à part, il nous transporte dans un de ces lieux imaginaires construits de lectures, de films et d&apos;expériences personelles. No Age va me plonge dans les villes sans personalités autres que le ciment du nord des États-Unis. On y entre comme dans une banlieu semi-urbaine du Massachussets, prendre un snack dans un fast food sur le bord de l&apos;autoroute avant de continuer plus loins, quelquepart où les noms veulent dire quelquechose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C&apos;est pour ça que dans une de ces bibliothèques imaginaires qui flottent dans le gulf-stream de mes petites impressions cet album ira toujours plutôt s&apos;asseoir à côté de Mellon Collie des Smashing Pumpkins ou Just Like the Fambly Cat de Grandaddy. Les slumps poétiques parcequ&apos;ils écrasent l&apos;horizon entre beaucoup de ciment, quelques arbres et un ciel presque sans étoiles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon moi ce sont des albums profondéments américains, de cete amérique que je côtoie mais sans vraiment la connaître. Cette amérique qui a été importée sauvagement au Québec et a créée tous les Valleyfield et Mirabel de ce monde. C&apos;est une jeunesse dont le frère à une Honda Civic et les parents paient pour la garderie privée. Une jeunesse white thrash à sa manière qui calle des vingt-quatres de Laurentides sur le bord d&apos;un lac et pisse dans la piscine creusée. C&apos;est presque les Simpsons, mais il y a le suicide et la drogue et tout le drama d&apos;ado et celui encore plus thick d&apos;adultes qui parlent à travers leur tondeuses à gazon. Dans ce lieu du milieu des années quatre-vingt dix où il ne pleut jamais sur la colline.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D&apos;ailleurs, tapez vous It Never Rains on Monitor Hill en écoutant les deux albums de Mellon Collie l&apos;un après l&apos;autre. Versez-vous un whisky, fumez un joint, c&apos;est une expérience spirituelle je crois:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://www.waterlizard.com/inr.htm&quot;&gt;http://www.waterlizard.com/inr.htm&lt;/a&gt;</description>
  <comments>http://chienspasmorts.livejournal.com/5850.html</comments>
  <lj:music>Smashing Pumpkins - To Forgive</lj:music>
  <media:title type="plain">Smashing Pumpkins - To Forgive</media:title>
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  <pubDate>Tue, 27 May 2008 18:12:20 GMT</pubDate>
  <title>One drinking night too much.</title>
  <link>http://chienspasmorts.livejournal.com/5386.html</link>
  <description>Renaud c&apos;est de TA faute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=14.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/14.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name=&quot;cutid1&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=12.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/12.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=13.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/13.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi j&apos;ai échoué perspective:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=3.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/3.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;</description>
  <comments>http://chienspasmorts.livejournal.com/5386.html</comments>
  <lj:music>The Zombies - She&apos;s Not There</lj:music>
  <media:title type="plain">The Zombies - She&apos;s Not There</media:title>
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  <pubDate>Mon, 26 May 2008 03:29:26 GMT</pubDate>
  <title>Glam shots!</title>
  <link>http://chienspasmorts.livejournal.com/5233.html</link>
  <description>Encore plus à venir!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=5.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/5.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name=&quot;cutid1&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=11.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/11.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=41.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/41.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;</description>
  <comments>http://chienspasmorts.livejournal.com/5233.html</comments>
  <lj:music>Sam Roberts - Fixed to Ruin</lj:music>
  <media:title type="plain">Sam Roberts - Fixed to Ruin</media:title>
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  <pubDate>Thu, 08 May 2008 19:39:54 GMT</pubDate>
  <title>Well I&apos;m a lemming</title>
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  <description>&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=jeune.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/jeune.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Edit: Zécouteurs, pas mes oreilles.</description>
  <comments>http://chienspasmorts.livejournal.com/4986.html</comments>
  <lj:music>Asobi Seksu - Strawberries</lj:music>
  <media:title type="plain">Asobi Seksu - Strawberries</media:title>
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  <pubDate>Wed, 07 May 2008 03:50:49 GMT</pubDate>
  <title>Portrait of the artist as a young man</title>
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  <description>&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=lautoportrait-1.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/lautoportrait-1.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout va bien et tralala le soleil me chauffe la couène mes petit je vous le dis. Les chiens muent et j&apos;atchoum beaucoup, le chat aussi putain d&apos;animaux j&apos;aurais dû me prendre un lézard mais bon ils sont cutes quand ils dorment tout en tapon et la sérénité avec du Kraft Dinner à quatre heure du matin.</description>
  <comments>http://chienspasmorts.livejournal.com/4794.html</comments>
  <lj:music>Kupek - Before the Beginning</lj:music>
  <media:title type="plain">Kupek - Before the Beginning</media:title>
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  <pubDate>Mon, 21 Apr 2008 00:27:11 GMT</pubDate>
  <title>D&apos;autres couleurs</title>
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  <description>Dans tes dents, lecteur fictif de là la.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=D2couleur.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/D2couleur.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici il fait soleil et c&apos;est super pour détruire la déprime et la crisser dans le fond de l&apos;armoire croche du sous-sol jusqu&apos;à la prochaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Allez salut.</description>
  <comments>http://chienspasmorts.livejournal.com/4377.html</comments>
  <lj:music>Cut Copy - Unforgettable Season</lj:music>
  <media:title type="plain">Cut Copy - Unforgettable Season</media:title>
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  <pubDate>Tue, 08 Apr 2008 21:01:12 GMT</pubDate>
  <title>Oldies!</title>
  <link>http://chienspasmorts.livejournal.com/4283.html</link>
  <description>Here are some oldies, des vieilleries sorties du tiroir Photobucket:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;This is me, say hi!&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=Holycrap.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/Holycrap.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Probably the best thing I did last year, an hommage to the marvelous Ashley Wood (buy his Tank Girl comic now!).&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=theshit.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/theshit.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;An old joke about SoHo, Fred Durst and Mango Gelato.&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=FredDurst1.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/FredDurst1.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;</description>
  <comments>http://chienspasmorts.livejournal.com/4283.html</comments>
  <lj:music>Karkwa (avec Patrick Watson) - Le Compteur</lj:music>
  <media:title type="plain">Karkwa (avec Patrick Watson) - Le Compteur</media:title>
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  <pubDate>Sat, 05 Apr 2008 05:08:48 GMT</pubDate>
  <title>I can draw in colors too!</title>
  <link>http://chienspasmorts.livejournal.com/3970.html</link>
  <description>Vous sentez encore la cape de neige de plomb? Moi oui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=D3couleurs.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/D3couleurs.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name=&quot;cutid1&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;I think the girl on the right of this one is the best thing I have drawn in a long while:&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=D3.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/D3.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Does the lower guy look arab?&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=D9.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/D9.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Inks do not like me much&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=Sanstitre.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/Sanstitre.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;I like this spacey one too, it&apos;s going to be fun to color:&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=D0.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/D0.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tryptic!&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://smg.photobucket.com/albums/v379/LeChat/?action=view&amp;amp;current=C6.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img.photobucket.com/albums/v379/LeChat/C6.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Photobucket&quot;&gt;&lt;/a&gt;</description>
  <comments>http://chienspasmorts.livejournal.com/3970.html</comments>
  <lj:music>Mice Parade - Swing</lj:music>
  <media:title type="plain">Mice Parade - Swing</media:title>
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